« Vous écoutez Radio Libre Signs of the Times qui émet au cœur
d'une Amérique occupée »
Henry |
Bienvenue sur le podcast Signs of the Times de cette semaine. Je suis
Henry... |
Joe |
Je suis Joe |
Scott |
Je suis Scott |
Henry |
Et nous avons avec nous cette semaine un invité spécial : Jason
Knight. |
Jason |
Qui n'a rien de spécial en vérité... |
Joe |
Tu es vraiment le bienvenu Jason. |
Henry |
Nous savons que tu es content d'être ici. |
Jason |
Oui je saute de joie, vraiment ! Je suis très content d'être
ici ! |
Henry |
Nous allons jeter un regard sur les affaires en cours dans le sport,
et sur le cinéma, à la suite de l'incident du « coup de boule » de
la star française du football Zidane, lors de la coupe du monde contre
l'Italie dimanche dernier. Nous allons en examiner quelques unes des
implications, politiques et autres. Ensuite nous allons traiter des crimes
qui sont en train d'être commis en Palestine et au Liban par les troupes de
choc de Yahvé, et nous terminerons par une discussion des films que vous
devez voir si vous voulez comprendre notre réalité. |
1. Zinédine Zidane[1] |
Henry |
Pour commencer sur le sujet de Zidane et de son « coup de
boule »... nous le regardions tous ici la semaine dernière, et nous avons
tous été plutôt stupéfaits de voir Zidane utiliser sa tête très efficacement
comme une arme... |
Jason |
Je ne peux qu'être en désaccord avec ce carton rouge, parce que,
quand vous y réfléchissez, il était dans les règles du football, je veux
dire : il ne touchait rien avec ses mains, il utilisait sa tête... |
Joe |
On n'est effectivement pas au handball... |
Jason |
Aucune main qui ait touché la balle, donc... je pense qu'il est resté
dans l'esprit du football en frappant de la tête ! |
Henry |
Je pense que nous devons faire un petit compte-rendu de l'incident,
pour ceux qui n'en auraient pas entendu parler. Dans la finale de coupe du monde
entre la France et l'Italie, on en est venu aux prolongations, avec un score
à un partout, lorsqu'à la cent dixième minute le joueur italien Materazzi a
été mis à terre – comment, on ne l'a pas su tout de suite – puis dans les
ralentis on a vu Materazzi et Zidane marcher côte à côte, Zidane le poussant,
et on a pu voir que Materazzi s'est mis à dire quelque chose à Zidane, et à
un certain moment Zidane s'est retourné, a baissé la tête et en porté un coup
rapide à la poitrine de Materazzi, le projetant à terre. Et la question
était : pourquoi ? Les commentateurs français se sont mis à
hurler : « Pourquoi ? Pourquoi ?... »[2] pourquoi Zizou a-t-il fait
quelque chose comme ça ? C'était son dernier match... Il a été une star
majeure non seulement en France mais partout ailleurs dans le monde depuis
plusieurs années... Il a été une des principales stars de l'équipe de France
lorsqu'elle a gagné contre le Brésil la coupe du monde de football en quatre
vingt dix huit ... Il s'était retiré en deux mille quatre, puis était revenu
dans l'équipe de France en deux mille cinq, après avoir vécu une sorte
d'expérience étrange – au milieu de la nuit, il aurait entendu une voix lui
intimant de revenir en équipe de France, ce qui est toute une histoire en soi
... Les spéculations ont commencé tout de suite après le match à propos de
savoir ce que Materazzi avait bien pu dire à Zidane. Plusieurs journaux et
organisations de presse ont engagé des personnes capables de lire sur les
lèvres pour examiner de près les bandes vidéo. On peut aussi penser que
quelqu'un, quelque part, détient une bande audio de ce qui s'est vraiment
dit : dans un événement d'une telle ampleur médiatique, il est difficile
d'imaginer qu'il n'y ait pas eu quelqu'un muni d'une sorte de micro à
distance capable de saisir les mots exacts qui se sont échangés. Les
spéculations ont été que Materazzi ait d'une manière ou d'une autre insulté
la sœur de Zidane, et sa mère, l'ait traité de « sale terroriste
arabe »... jusqu'à ce que Zidane craque. La question devient alors :
est-ce que Zidane a bien agi ? C'est une personne que beaucoup de gens
prennent en exemple, les enfants le prennent en exemple... et voilà qu'il
paraît pris de folie l'espace d'un instant, et qu'il frappe un autre joueur.
Laura a écrit un éditorial sur cet événement un peu plus tôt cette semaine,
qui est vite devenu l'un des sujets les plus controversés du forum de
Signs-of-the-Times, avec des gens défendant Zidane, d'autre le critiquant... |
Jason |
La question à vous poser est ; « Qu'auriez vous
fait ? ». A partir de quel point les divagations verbales d'un
autre deviennent-elles intolérables ? Il faut se rappeler que Zidane a
été blessé peu de temps auparavant : il était probablement très fatigué,
et souffrant. Materazzi était constamment sur lui, l'insultant, apparemment.
Quelqu'un a dit que ses mots exacts ont été « fils de p...
terroriste ». Et lors d'une interview en français il a dit « Oui,
c'est ce qu'il a dit... », donc... |
Joe |
Il y a ceux qui ont dit, et Zidane lui même l'a affirmé lors d'une
interview à la télévision, que Materazzi ne l'a pas traité de
« terroriste ». Mais nous pouvons soupçonner qu'il ait reçu la
suggestion, ou subi des pressions, pour ne pas aggraver les tensions, parce
que cela aurait été quelque peu provocateur de sa part d'admettre que c'est
ce que Materazzi lui a dit. |
Henry |
La FIFA, l'association mondiale de football, a des règles très
explicites excluant le racisme... |
Joe |
... et particulièrement... |
Henry |
Vous pouvez insulter les autres joueurs, mais ne soyez pas
raciste ! |
Joe |
Oui. Je pense que c'était potentiellement plus grave que les
commentaires racistes « normaux », courants au football, à cause de
ce que cela évoque dans le contexte actuel. C'est ce que Laura a écrit dans
son article, et que nous avons débattu sur notre forum : les résonances
liées au climat politique actuel et à ce qui est en train de se passer en
Israël, parce que de toute évidence Zidane est musulman, qu'il y a une guerre
en cours contre le terrorisme musulman, et qu'Israël mène une guerre contre
les terroristes arabes musulmans... |
Jason |
Il faut ajouter à cela d'autres résonances, liées au fait que son
père a combattu pour la France lors de la guerre d'indépendance algérienne.
Voir son père accusé par les algériens d'avoir combattu pour l'autre camp est
quelque chose qui a dû lui peser. Donc si Materazzi l'a bien traité de
« fils de p... terroriste », cela l'a certainement blessé bien plus
profondément que s'il n'y avait eu que le climat politique actuel. |
Scott |
En parlant du climat politique actuel, pour ceux d'entre vous qui ne
sont pas au courant des problèmes que vit la France en ce moment, disons
qu'il y a eu de nombreuses émeutes, que c'étaient principalement les jeunes
des milieux pauvres et, dans une certaine mesure, arabes, qui se sont
soulevés dans certaines villes... |
Henry |
C'était en novembre dernier. |
Joe |
Mon propos était que cette insulte de Materazzi à Zidane, si c'était
une insulte raciste comme cela semble l'avoir été, a beaucoup plus de poids
que les paroles qu'on entend d'ordinaire de la part des footballeurs,
échangés entre footballeurs, et même en permanence entre supporters et
joueurs sur le terrain. Parce qu'elle a toutes ces résonances,
particulièrement en ce moment précis dans le temps, c'est un sujet très
sensible. Et comme on vient de le dire, du fait qu'il y a beaucoup de
tensions, beaucoup de frictions, en France, avec les dix millions de citoyens en grande proportion d'origine algérienne,
principalement parce qu'ils vivent dans des zones défavorisées, pour moi,
cette affaire était problématique du point de vue des autorités. C'est la
raison pour laquelle on a probablement demandé à Zidane de ne pas confirmer
ni démentir que le mot de « terroriste » ait été utilisé à son
encontre, même si en fait il l'a été.
Et pour être très clair – et je vais insister là-dessus, parce que
c'est le point que nous mettons en avant dans notre forum et que beaucoup de
gens ne semblent pas comprendre – on peut tirer, assez étrangement, des
parallèles très nets entre ce qui s'est passé là et ce qui se passe en Israël
et au Moyen-Orient en ce moment.
Henry, tu parlais un peu plus tôt de quelque chose que Zidane aurait
récemment dit lors d'une interview sur le sujet... |
Henry |
Oui, on l'a vu la nuit dernière sur deux chaînes de télévision
françaises. Il s'expliquait sur l'incident, et dans une des deux interviews
il fit la remarque suivante : « Mon acte était
inexcusable » ; puis il a ajouté : « Mais le coupable
réel doit être sanctionné, car le coupable est le provocateur ». |
Joe |
En effet, on pourrait très facilement dire cela de... |
Henry |
Cela ne décrit-il pas très bien ce qui se passe en... |
Joe |
Oui, au Moyen-Orient, au propos du fait que le Hamas, le Hezbollah
libanais, et les Palestiniens font tous l'objet de provocations, de la même
manière que Zidane a été provoqué sur le terrain. Et les provocations sont de
même nature, à savoir que tous les Musulmans et les Arabes sont des
terroristes. Eux répondent et réagissent, parce qu'évidemment c'est bien pire
pour eux que ça l'a été pour Zidane : leurs vies sont menacées par ces
provocations et ces attaques qu'Israël mène contre eux. Et tout cela sous
l'auspice, l'idée que ce sont des terroristes musulmans. Tous. Ainsi, les
occidentaux peuvent l'accepter.
L'autre parallèle est le fait que Materazzi a une étoile de David
tatouée sur le bras avec du texte hébraïque. C'est donc très clair... |
Henry |
Tu parles d'un symbole ! |
Joe |
Oui, c'est tout un symbole, ce type avec une étoile de David tatouée
sur le bras traitant sur le terrain un Arabe de « fils de p...
terroriste », et le provoquant à répondre et à l'attaquer, et ensuite le
Musulman, l'Arabe recevant une punition et condamné à se retirer du
terrain : c'est exactement ce qui se passe au Moyen-Orient. |
Jason |
Et cela arrive après toute cette affaire danoise : vous vous
rappelez ces caricatures de Mahomet. C'est au fond le même type de moquerie,
pour les amener à réagir... et de manière surprenante, la réaction de la
population arabe a été bien moins forte qu'attendu. Parce que ce n'est pas
cool d'être aussi irrespectueux des symboles religieux des autres. De temps
en temps nous plaisantons du christianisme, mais nous sommes issus de
familles chrétiennes, aussi cela nous permet d'avoir le droit de le faire, en
un certain sens, mais on ne va pas plus loin : ce serait vraiment
irrespectueux. Ce type de comportement en ce moment, avec toutes les
frictions qui existent, c'est comme mettre le feu à la poudrière! C'est
pourquoi l'affaire du coup de boule contre Materazzi... ces moqueries
constantes, ces pressions incessantes, cette friction permanente qu'ils
entretiennent avec la population arabe, c'est vraiment... disons : ils
sont frénétiques, ils les mettent littéralement dos au mur. |
Joe |
Et ils répliquent. |
Jason |
Ils répliquent. Et ce que Zidane a dit, que c'est le provocateur qui
est le coupable, c'est profondément vrai. |
Joe |
C'est très juste, oui. Mais les média ne s'en font pas l'écho. Ce
point de vue n'est jamais adopté par les principaux organes de presse. |
Henry |
A propos des
critiques formulées à l'encontre de Zidane, nous devons mentionner que, dans
un sondage réalisé cette semaine, soixante et un pour cent des Français qui
ont répondu étaient derrière lui. C'est significatif.
Ce que je
voulais amener, c'est qu'il y a des aspects et des caractéristiques
psychopathes dans le sport professionnel : il est vu comme parfaitement
raisonnable – et comme faisant partie du jeu – que vous fassiez l'objet
d'insultes et de provocations de ce genre pendant le jeu. C'est accepté par
tout le monde, partout, comme une façon de faire dans le sport professionnel.
C'est vu comme parfaitement naturel que vous insultiez votre adversaire, que
vous vous en moquiez de toutes les façons possibles, et on attend de vous que
vous soyez au dessus des moqueries dont vous faites l'objet. Et dans un
certain sens, ce que Zidane dit est que non, il y a une chose plus importante
qu'un match, qu'une partie de football et même que la coupe du monde : à
savoir la dignité humaine. Il a marqué qu'il y avait une limite qu'il
n'acceptait pas de franchir : « Je vais m'élever contre ça et
dire : non ! ». Il y a eu une chose très curieuse : il y
a eu un mouvement d'idéalisation de Zidane, vu comme un grand héros, un
sportif complet... et tout cela s'est écroulé au moment où il a été expulsé du
terrain ; ce qui est resté, c'est l'émergence d'un héros qui est
simplement un être humain désireux d'exprimer son refus de l'environnement
psychopathe dans lequel il vit. |
Joe |
C'est un exemple et une analogie parfaite de ce dont nous avons parlé
sur la page, le site Web de Signs, à propos de la psychopathie. Imaginez le
scénario où vous avez un certain pourcentage de psychopathes qui sont joueurs
de football professionnels. En tant que psychopathes, ils n'ont par nature
aucune émotion, ne ressentent pas les émotions humaines, et n'ont pas de
conscience... |
Henry |
Ils sont prêts à faire n'importe quoi pour gagner. |
Joe |
Oui, ils sont à même de faire n'importe quoi pour gagner. Et en même
temps, vous avez aussi des gens qui ont cette capacité de ressentir les
émotions humaines, et donc d'être blessés par les commentaires et les
médisances proférées à leur endroit. Qui va gagner dans cette
situation ? Vous avez d'un côté une poignée de psychopathes qui occupent
le terrain, certains appelant de noms d'oiseaux les mères des autres, qui,
sous les quolibets, répondent « Oui, c'est vrai, ma mère est une p...
terroriste ! » (rires). Ceux-là acceptent, parce qu'ils
n'ont pas de conscience, et ne ressentent pas les émotions humaines. Et puis
d'un autre côté vous avez ceux qui ressentent ces émotions, et qui explosent
quand ils n'en peuvent plus. Ils réagissent, et ce sont eux qui sont
expulsés. C'est une analogie parfaite de la manière dont les choses se
passent en politique, dans le système judiciaire, et, également, un parfait
exemple de ce qui se passe en Israël en ce moment. |
Jason |
On pourrait prendre l'analogie de personnes qui se tirent les unes
sur les autres, certaines portant des gilets pare-balles et d'autre pas. Bien
sûr celles qui n'en portent pas sont blessées... |
Joe |
L'idée c'est que, même dans le football, le système est réglé de
telle manière que les valeurs psychopathes l'emportent et soient propagées.
On le voit également sur notre forum, comme nous le disions plus haut, dans
les discussions, lorsque certains tentent de justifier ce genre d'attaques,
de commentaires mauvais, méchants et racistes, échangés entre les
footballeurs, en disant « Oh vous savez, au football c'est comme
ça... »... |
Henry |
... ou : « C'est tout simplement la façon dont ça se
passe... »... |
Joe |
Ces personnes ont été contaminées : leur conscience et leur
humanité a été contaminée par ces valeurs psychopathes. On vous dit que quand
quelqu'un traite votre mère de « p... terroriste », vous devez
simplement l'accepter et continuer comme si de rien n'était... |
Henry |
Que ça fait partie du jeu... |
Joe |
Telles sont les valeurs répandues. Et ce sont ces mêmes valeurs qui
conduisent beaucoup d'Occidentaux à l'attentisme, à simplement observer ce
qui se passe en Palestine et au Moyen-Orient, et à dire complaisamment :
« Après tout, il s'agit de terroristes, non ? »... |
Jason |
Les Américains, pour la plupart, sont dans une culture de la peine
capitale : où l'assassin est assassiné, ce genre de choses... Dans ce
contexte, vous êtes entraîné depuis le plus jeune âge à considérer que les
gens méritent ce qui leur arrive – cela du moins leur est facile à dire de
quelqu'un pour lequel ils n'ont pas à appuyer sur le bouton. Le problème est
que la plupart des Américains et des Européens ne sont pas directement
touchés par ces conflits, et qu'il leur est facile de dire, comme dans la chanson
« Zombie » des Cranberries : « Ce n'est pas moi, ce n'est
pas ma famille... ». Ce n'est pas le cas de Zizou : il est musulman,
il vient d'Algérie, qui a vécu la guerre d'indépendance avec la France et
traversé des périodes difficiles, et lorsque sur le terrain il subit tout
cela de Materazzi, il réagit et envoie un coup de boule... |
Joe |
Les gens ne réalisent pas l'effet de toutes ces diffamations, que les
Musulmans subissent depuis les attaques du 11 septembre. Ils ne se
rendent pas compte de l'effet que cela produit sur les Musulmans de la rue.
Les gens, au Royaume-Uni, en France, Espagne, qui sont visiblement Musulmans
du fait de leur manière de s'habiller, sont souvent, et quotidiennement,
traités comme s'ils étaient des terroristes ! C'est comme s'ils étaient
Noirs en Afrique du Sud... |
Henry |
Ou aux États-Unis... |
Joe |
Je pense au régime de l'apartheid en Afrique du Sud... On n'imagine pas
à quel point on en devient affecté au bout d'un moment. Zidane en est
certainement conscient, ne serait-ce que parce qu'il en fait probablement
l'objet. |
Henry |
Il a grandi dans les banlieues... |
Joe |
Oui. C'est pourquoi il en a certainement fait l'objet de la même
façon que les gens de la rue depuis le 11 septembre. Il s'identifie de
toute évidence avec eux, parce qu'il se décrit lui-même comme un Musulman non
pratiquant. Il s'identifie avec les Musulmans. Je peux parfaitement
comprendre que lorsque Materazzi a dit ça sur le terrain... il aurait pu
supporter tout le reste... mais d'utiliser cela, et certainement d'autres
choses, qui y sont relatives... |
Henry |
... de faire allusion à sa mère, qui a été admise à l'hôpital le jour
même, et avait été opérée peu de temps auparavant... |
Joe |
... et ce sont des gens, des non Musulmans... le gouvernement des
États-Unis, le gouvernement d'Israël, qui tentent de séparer l'humanité en
deux groupes, et de faire en sorte qu'un de ces deux groupes, les Chrétiens
occidentaux, apportent leur caution au meurtre de l'autre groupe d'être
humains. Les personnes qui font cela ne sont pas réellement des êtres
humains, en ce sens qu'ils ne peuvent pas ressentir d'émotions humaines ni
éprouver de l'empathie. Et les gens ne s'en rendent pas compte. Certains qui
visitent notre forum font l'apologie de ce genre de manière de voir
psychopathe. Ils ne réalisent pas que c'est nous contre eux : les gens
ordinaires contre l'élite psychopathe. Les gens ainsi tombent dans le piège
qui leur est fait, de se laisser monter les uns contre les autres... Vous vous
retrouvez ainsi avec cent trente mille soldats US en Irak tuant d'autres être
humains ordinaires à la demande d'une poignée de personnes du gouvernement.
C'est comme ça que ça marche. |
Jason |
Au sujet de la passivité des gens sur notre forum, de ceux qui disent
que Zizou n'aurait pas du réagir de cette manière à l'insulte qui lui a été
faite, il y a une vieille ritournelle qu'apprend à l'école tout enfant
américain : « Sticks and stones may break my bones, but words
can never hurt me » (« Les bâtons et les pierres peuvent bien
me briser les os, les mots ne m'atteindront jamais »). Mais c'est
ridicule : les mots blessent. Vous savez, les mots ont un réel pouvoir. |
Joe |
Et comment ! |
Jason |
Et ce que Materazzi aurait dit... a dit, parce que je crois que c'est
ce qu'il a dit – on peut en faire raisonnablement l'hypothèse – ... |
Joe |
C'était vraiment la chose la plus logique à dire de la part de
Materazzi, dans le climat actuel... |
Henry |
Naturellement, il l'a nié. |
Joe |
Materazzi est de toute évidence un menteur, parce qu'il a dit
« Jamais je n'aurais pu dire ça à Zidane, parce que c'est mon
héros ! ». Or vous n'avez pas besoin d'entendre ses mots, vous avez
juste besoin de regarder ses gestes, comme il le tenait et tirait son
maillot : est-ce ce que vous feriez à votre héros ! Ce type est
certainement un menteur. Donc vous pouvez l'affirmer avec une complète
certitude. |
Scott |
Non seulement, ça, mais vous avez tous ces spécialistes de la lecture
sur les lèvres, qui ont dit que c'était bien ce qu'il avait dit. Mais vous
n'avez pas besoin de devenir un spécialiste de la lecture sur les lèvres pour
avoir une bonne idée ce qu'il a dit ! |
Henry |
En conclusion, saluons Zinedine Zidane... |
Jason |
Zizou ! Zizou ! Zizou ! |
Joe |
...pour s'être élevé contre, car il s'est élevé contre. L'idée
dominante, tout autour du monde, et en particulier en Europe de l'Ouest et en
Amérique, est qu'il n'aurait pas dû s'élever ainsi. Que vous n'avez pas à
prendre votre propre défense ni la défense des valeurs qui vous sont chères,
que vous devez juste laisser passer et laisser votre esprit et votre
conscience se corrompre. |
2. Les crimes contre l'humanité commis par Israël |
Henry |
Nous avons tenté, dans cette discussion, de relier cela à ce qui se
passe en Palestine en ce moment. C'est exactement... Personne, dans le monde,
ne s'élève, et ne dit que ce qui se passe, que ce génocide qu'Israël est en
train de commettre envers les Palestiniens est un crime, une horreur qui ne
devrait pas avoir lieu... |
Joe |
Personne ne dit cela, parce que les consciences ont été affadies au
point de se rendre inutiles : elles ne sont plus capable de s'élever et
de dire que quelque chose ne va pas ! Demandez à quelqu'un ce qui se
passe en Palestine, et on vous dit : « Oui... vous savez... ce sont des
terroristes...
— Qui vous a dit qu'il s'agissait de terroristes ? Avez-vous été
là-bas. Avez-vous jamais vécu là-bas ? Connaissez-vous quoique ce soit à
la situation ?
— Non, mais voyez-vous, George Bush a dit que c'étaient des
terroristes... » |
Henry |
« et Israël a le droit de se défendre ». |
Joe |
Oui, bien sûr, aussi. Tout cela, ce sont des paramoralismes[3]... |
Jason |
La question est : avez-vous le droit de tuer pour vous
défendre ? |
Henry |
Mais Israël n'est pas en train de se défendre ! |
Jason |
C'est vrai, c'est vrai. |
Joe |
Il provoque ! |
Jason |
Il mène des « frappes préventives »... ils disent que pour ne
pas être attaqués ils attaquent en premier. |
Joe |
Il piègent pour pouvoir mieux frapper. Vous voyez ce que je veux
dire ? |
Henry |
Il y débat sur les attaques à la roquette qui seraient menées de la
bande de Gaza. Il s'agit de roquettes artisanales, fabriquées à la main, qui
ont tué quatre personnes ! Israël tue plus de gens chaque jour que ces
roquettes n'en ont tué toutes ces dernières années. |
Joe |
Elles ne sont clairement pas une menace. |
Henry |
Israël est armé jusqu'au dents par les États-Unis, a une des armées
les plus puissantes au monde, et utilise toute sa puissance de frappe contre
les civils. Et Israël se présente comme une victime ! Et ce qu'on a vu
cette semaine, c'est qu'il utilise une nouvelle arme contre les civils
palestiniens, la population civile, une arme qui démembre et brûle la peau –
les médecins palestiniens n'ont jamais rien vu de tel : c'est impossible
à soigner ! |
Joe |
Nous allons demander à nos auditeurs de faire un petit test sur
eux-mêmes. De penser à ce qu'ils diraient si on leur posait la question à
propos de ce qui est en train de se passer en Israël, en Palestine, en
Irak : quand vous analysez votre opinion, est-elle claire et
nette ? Êtes-vous en mesure de dire : « Ça, c'est mal !».
Ou alors dites vous : « Vous savez, il n'y a ni blanc ni noir...
plutôt des zones grises ». Si c'est le cas, soit : a/ vous n'avez
pas eu accès aux faits quant à ce qui s'est réellement passé b/ votre esprit,
votre conscience et votre humanité ont été contaminés, affadis par quelque
chose – parce qu'avoir une opinion à propos de ce qui est en train de se
passer en Irak et en Palestine qui ne soit pas à cent pour cent en faveur des
victimes évidentes veut dire que vous avez perdu le contact avec votre
humanité, ce que vous appelez votre humanité. Laissez-moi vous donner un
exemple : la nuit dernière, je pense, ou plutôt la nuit de mardi à
mercredi, l'aviation israélienne a lâché une bombe d'un quart de tonne sur un
appartement résidentiel de deux ou trois étages de haut, et tué un père, une
mère et sept enfants... |
Henry |
... et ils ont dit : « On ne savait pas qu'il y avait
quelqu'un dans le bâtiment ! ». C'est vraiment n'importe
quoi ! J'ai lu un chiffre aujourd'hui. Ce qui s'est passé ces huit à dix
derniers jours à Gaza est horrifiant, mais même avant cela, dans la semaine
du six au douze juin – c'est à dire avant que les choses ne s'emballent –
soixante dix neuf Palestiniens ont été tués ! Soixante dix neuf
Palestiniens, au cours d'une seule semaine « normale » de génocide
par attrition ! Soixante dix neuf Palestiniens brutalement assassinés par
les sauvages... |
Joe |
Et nous voyons combien les gens, en Amérique, en Europe, dans le
monde entier, sont complètement sous le contrôle des principaux organes de
presse. Ces organes de presse, et les gouvernements, sont en mesure de
susciter une réponse chez les individus. C'est dire si leur contrôle est
total ! Ils n'ont pas parlé de ce qu'Henry vient de mentionner :
s'ils l'avaient fait, tout le monde aurait été horrifié, aurait ressenti, en
son for intérieur, cette émotion, simplement parce que la presse en aurait
parlé. Mais parce qu'elle ne le fait pas, parce qu'elle les laisse dans
l'ignorance de ce qui se passe, ils ne ressentent pas cette émotion. Ils
acquièrent une vision des choses selon laquelle Israël est la victime, et
cela leur permet d'oublier le fait que soixante dix neuf Palestiniens ont été
assassinés. C'est tout simplement incroyable, ce contrôle des média sur la
vie des individus, ce qu'ils pensent, ce qu'ils font ! Cela défie
l'entendement. |
Henry |
C'est vrai. |
Joe |
Nous avons beaucoup parlé des psychopathes. Pour clarifier à
l'intention des gens la nature de la psychopathie, disons que la psychopathie
n'est pas un mot « fourre tout » que nous utiliserions pour
désigner quiconque est au pouvoir, ou fait quelque chose de mal, et nous nous
en tirerions en disant « C'est la psychopathie ! ». La
psychopathie est quelque chose qui a été étudié scientifiquement. Il existe
des résultats probants d'études qui démontrent qu'il existe des gens, des
êtres humains – beaucoup d'être humains – qui ne paraissent pas disposer de
la capacité d'empathie à l'endroit des autres êtres humains. Ils ne disposent
pas de toute la gamme normale d'émotions, s'ils ont des émotions tout court. |
Henry |
Et c'est une différence d'origine génétique. Ce n'est pas simplement
parce qu'ils ont été élevés dans des situations défavorables, ou un milieu
familial violent. |
Joe |
Non, il s'agit de gens qui sont nés ainsi, qui peuvent avoir été
élevés par des parents exemplaires, au sein d'une parenté exemplaire, avec
une éducation merveilleuse – et pourtant faire preuve de ce manque complet
d'empathie pour tout autre être humain. L'existence de la psychopathie est
avérée. Elle relève des faits. Qu'il existe de telles personnes sur notre
planète, beaucoup – statistiquement, de l'ordre de un pour vingt cinq, soit
quatre, cinq, six pour cent de la population – cela fait un total de près de
trois cent soixante millions de personnes... Maintenant, quelqu'un pourrait-il
me donner une meilleure explication du pourquoi, ou du comment, un général
israélien, le gouvernement israélien, Ehud Olmert, le premier ministre
israélien, comment une personne comme eux peut ordonner à l'aviation
israélienne d'aller lâcher une bombe d'un quart de tonne sur ce qu'ils
savaient sûrement être une structure résidentielle ? Avec une famille à
l'intérieur. Et tuer la mère, le père et sept enfants. Et faire cela
consciemment. Quelqu'un peut-il m'expliquer, me donner une meilleure
explication que la preuve scientifique qu'il existe des gens qui n'éprouvent
pas, ou ne peuvent pas éprouver, d'empathie à l'endroit d'un autre être
humain ? |
Henry |
Regardez ce qui s'est passé ces jours derniers au Liban, où le
Hezbollah a capturé deux soldats israéliens. Ces soldats israéliens se
trouvaient sur une terre qui appartient au Liban, qu'Israël a capturée, et a
depuis revendiquée comme sienne. Il s'agit donc en réalité d'une terre
libanaise envahie. Hezbollah capture deux soldats israéliens, et Israël
déclare la guerre à la nation entière, bombarde maintenant Beyrouth, déclare
à la population de Beyrouth qu'elle doit évacuer. |
Joe |
Ils ont bombardé l'aéroport et déclaré un embargo sur le Liban, qui
est une nation souveraine d'une superficie légèrement plus grande qu'Israël.
Et Israël, sur la seule capture de deux de leurs soldats, qui étaient en
situation d'envahissement du Liban, et qui, selon les règles de guerre
normales et justes, se devaient d'être capturés – ils n'ont pas été tués,
mais capturés –, et maintenant Israël utilise cela comme prétexte pour un
envahir complètement et déclarer un embargo sur un autre pays ! |
Scott |
Et la dernière nouvelle que j'aie vu – je n'ai pas lu l'article,
simplement lu son titre avant que nous ne commencions ce podcast– est que la
rumeur veut que le Hezbollah ait amené ces deux soldats israéliens, ces deux
prisonniers, en Iran. |
Henry |
C'était sur le Drudge Report |
Scott |
Oui, c'était sur le Drudge Report... |
Henry |
... Donc on peut voir ce qu'ils essayent de faire... |
Scott |
...ils ont eu la Syrie, l'Iran, le Liban, et maintenant... |
Joe |
Tout cela est un tel ensemble de coups montés ! Tout a été
provoqué, est en train d'être provoqué par Israël. Israël veut déclarer une
guerre majeure au Moyen-Orient, de telle manière qu'il puisse résoudre son
problème arabe, son problème avec les quelque trois à quatre millions de Palestiniens,
en Israël, et dans les territoires palestiniens occupés, au Liban, en Syrie,
en Iran : tel est le plan d'Israël. C'est là, sous le nez de tout un
chacun, et personne ne le remarque, ne semble le comprendre – parce que les
principaux organes de presse sont complètement à la solde d'Israël et du
gouvernement américain.
Vous pouvez mettre ça à la banque. Ou en bourrer votre pipe, et le
fumer ! |
Scott |
Quelle étrange chose que voilà : nous avons Israël. Oui, il
détient toutes ces armes – F16... |
Henry |
... Armes nucléaires... |
Scott |
Oui. Un arsenal estimé à environ deux cent têtes, que personne ne
remarque : ils disent « On n'en parle à personne... » et tout le
monde : « OK ». Et bien sûr quand ils attaquent quelqu'un, on
voit tous ces pays, parmi lesquels plusieurs pays européens, dire :
« Pourriez vous juste, s'il vous plaît Israël, exercer un tantinet plus
de retenue, parce que, vous savez... ne nous en veuillez pas : vous ne
pouvez pas massacrer les gens comme ça, bombarder des aéroports... Peut-être
une ou deux bombes de moins, quelque chose comme ça... Allez, pour nous faire
plaisir ? » |
Henry |
« Et puis si vous exagérez, cela peut se savoir, et là, ce
serait vraiment moche... » |
Joe |
Mais le gouvernement américain a depuis longtemps dépassé le stade...
Toute cette équipe est bonne à envoyer aux galères, au moment où nous
parlons. Certains auraient pu penser que l'Union Européenne, ou du moins les
dirigeants de certains pays européens, et les Nations Unies, auraient dit
quelque chose, ou fait quelque chose de concret... qui aurait réellement
produit des changements... ou aurait réellement exercé des pressions pour
arrêter ça. Ils ne sont rien qu'un ramassis de serpents invertébrés au ventre
mou ! Et j'ajoute que cela s'applique également à l'Arabie Saoudite, aux
Émirats Arabes Unis, à l'Égypte, à la Jordanie, et à la plupart des autres
pays arabes, qui sont tous vendus aux yeux de leur propre peuple, et qui
brûleront en enfer pour ça ! (rires)
Peut-être. |
Jason |
C'est bien possible. |
Scott |
Vous avez tous ces pays du Moyen-Orient, et parmi eux l'Iran – qui
n'est pas exactement un tigre de papier... Vous savez, Israël a l'appui des
États-Unis. Et de toute évidence Israël pense que cela leur permet d'attaquer
qui bon leur semble, parce que les États-Unis vont les appuyer, et que ce bon
vieux George Bush va arriver sur son cheval... Mais qu'arrivera-t-il si le
soutien des États-Unis disparaît ? Qu'arrivera-t-il s'il se passe un
petit événement qui retourne la situation ? Il y a aura une violente
contre-attaque et il ne restera plus un pays Israélien. |
Jason |
Israël a déjà violé chacune des règles de la guerre selon Sun
Tsu ! Ils ont déclaré la guerre a un autre pays, le Liban, l'ont envahi...
ce qui va automatiquement déplaire à ses alliés, qui vont se joindre à lui.
C'est un des fondamentaux. C'est le plus profond type d'erreur - comme le
Troisième Reich a fait - qu'on puisse commettre dans une guerre, et le plus
grave, et cela va causer leur perte. |
Joe |
Depuis longtemps un de nos soupçons les plus insidieux est qu'à un
moment donné, lorsque cette guerre au Moyen-Orient provoquée par Israël va
commencer réellement à faire beaucoup de morts, les Américains se
retourneront alors contre Israël. Et nous soupçonnons qu'Israël le soupçonne,
et ne joue de son côté avec le gouvernement américain au sujet du
11 septembre. Parce qu'à cette minute même, et au cours des jours
précédents, le mouvement de vérité sur le 11 septembre a connu beaucoup
de mouvements, beaucoup de progrès, et des progrès surprenants. Davantage de
spécialistes le rejoignent, des gens s'expriment sur CNN... |
Henry |
... Fox TV... |
Joe |
...et Fox News. Et il semble que cela devienne quelque peu effrayant
pour le gouvernement des États-Unis. Ça devient chaud ! Et cela en dépit
du fait que ces cinq dernières années des gens comme nous, à Signs-of-the-Times,
et d'autre sites Web « alternatifs », avons crié « Au
meurtre ! », et fait tout ce qui était en notre pouvoir pour
obtenir tant soit peu d'audience auprès des principaux organes de presse. Et
nous n'avons rien obtenu. A part pour la vidéo du Pentagon Strike – mais
c'était... |
Henry |
Il y a eu à son sujet de la maîtrise des dégâts à faire[4]... |
Joe |
Oui, mais c'était une exception. Ce que je veux dire, c'est qu'un
certain nombre de choses font surface au sujet du 11 septembre qui
mettent la pression sur le gouvernement des États-Unis. Et qui sont
probablement propres à jeter la panique dans ses rangs. J'ai remarqué
notamment deux spécialistes des média, qui ont rejoint le mouvement
aujourd'hui, et qui vont publier un livre un peu plus tard dans l'année – ce
sont deux personnes associées à Kevin Barrett ; l'un d'eux est un
professeur d'études juives dans la même université que Kevin Barrett, je
pense, dans le Wisconsin – donc ça a éveillé mon intérêt et m'a fait
réfléchir sur qui, en pratique, est en mesure de mettre en danger le
gouvernement des États-Unis. Parce que ce ne sont certainement pas les média
« alternatifs » qui le peuvent. Seuls les principaux organes de
presse peuvent mettre en danger le gouvernement, et les choses semblent aller
dans cette direction maintenant, davantage qu'à aucun moment auparavant. Et
ça me fait réfléchir. Cela semble être une coïncidence avec l'agression
israélienne. Et peut-être le fait que l'Amérique n'apprécie pas ce qu'Israël
se prépare à faire au Moyen-Orient... Mais ce n'est qu'une spéculation, un
soupçon insidieux. L'avenir le dira. |
Jason |
Oui. Dans une culture obsédée par le cinéma et ce genre de choses, on
peut discerner un scénario classique de chantage se dérouler sous nos yeux
sans qu'on en ait eu conscience de prime abord... |
Joe |
Oui ! En parlant de films... |
3. Dix films pour mieux comprendre notre réalité |
Joe |
... Nous pouvons passer à la dernière partie de notre podcast cette
semaine. Jason, notre invité spécial, qui s'est exprimé très éloquemment
cette dernière demi-heure, va nous donner un aperçu des dix films les plus
importants à ses yeux – et il a à ce sujet une opinion très autorisée parce
qu'il regarde beaucoup de films (rires) – dix films qu'il pense
extrêmement importants pour mieux comprendre le monde, certains aspects de la
nature humaine, et beaucoup d'autres choses. Donc... |
Henry |
Est-ce que ce sont des films que chacun a pu voir ? |
Jason |
Oui. Certainement tous ceux qui vivent en Amérique, en tous cas, et
sont de la génération des années quatre-vingt-dix. |
Henry |
Et pour tous les autres, si vous avez BitTorrent[5], vous pouvez les trouver... (rires) |
Jason |
On ne peut pas encourager à ce genre de chose[6]. Ces films sont vraiment très
bons : vous devez donc les acheter pour apporter votre soutien à leurs
producteurs.
Je vais enseigner la foule ignorante... J'ai d'abord voulu m'en tenir
à une liste de cinq films, essentiels pour comprendre la dynamique des
réactions humaines, l'univers, le monde, la vie, bref... tout ce que vous avez
toujours voulu comprendre. Mais malheureusement je n'ai pas pu m'en tenir à
cinq : il a fallu que j'aille jusqu'à dix ! |
Henry |
C'est la raison pour laquelle nous ne t'avons demandé que cinq
films ! Si nous vous en avions demandé dix, tu nous en aurais proposé
vingt ! |
Jason |
Certainement ! Cette liste est effectivement ce qui reste de
vingt films : j'ai fait une sélection. Voici la liste, en partant du
dixième film :
Pretty in Pink (rires). Un certain nombre de gens peuvent discuter ce choix, mais... ce film
est essentiel. |
Scott |
Oui. Je suis d'accord. J'ai toujours beaucoup aimé ce film. |
Jason |
Pretty in Pink Fabuleux film. Excellent.
Sur l'amour impossible[7].
Vraiment fabuleux. |
Henry |
Je ne l'ai jamais vu. |
Jason |
Le numéro neuf est Don Juan DeMarco avec Johny Depp et
Marlon Brando. Excellent film.
American Beauty
Le numéro sept est L'Arriviste[8] avec Matthew Broderick et
Reese Witherspoon.
Le numéro six est Beautiful Girls. A propos, Nathalie
Portman joue dedans (rires).
Le numéro cinq est sans conteste Le Magicien d'Oz[9]. Il se devait
de figurer sur cette liste.
Le numéro quatre Le Talentueux Mr Ripley[10]
Numéro trois Donnie Darko
Numéro deux The Matrix. Je peux lier The Matrix à The Thirteenth Floor , parce qu'ils sont tous deux sortis la
même année, avec vraiment les mêmes idées derrière, couvrant chacun un aspect
différent de ce que je considère être la pensée ésotérique. L'un traite de la
signification de la conscience, la signification de l'âme, la signification
du libre arbitre, alors que l'autre, The Matrix, traite des
aspects hyper dimensionnels du monde, des « contrôleurs », des
fausses réalités, des agents, ces sortes de choses, qui sont aussi incluses
dans The Thirteenth Floor.
Le numéro un, le film que tout le monde doit voir, Star Trek II
La Colère de Khan[11] (rires) |
Scott |
Ne serait-ce que pour voir le Capitaine Kirk s'écrier
« Khaaaaan » ! |
Jason |
Oui, c'est devenu célèbre, et parodié dans bon nombre d'émissions de
télévision, de caricatures... |
Henry |
Très bien. Revenons à Pretty in Pink.
Éclairez-moi : pourquoi dois-je voir Pretty in Pink ? |
Jason |
L'amour impossible. Je pense que c'est la meilleure description de la
situation du « type stupide amoureux de la jolie fille amoureuse du type
riche ». C'est au fond une histoire d'amour impossible. Ducky est
amoureux de Andie qui est, elle, amoureuse de Blane – des noms typiques, soit
dit en passant, des années quatre vingt. C'est une vraiment belle histoire.
Elle a eu de l'impact sur moi. C'est un film pour ados, vous comprenez, et
j'avais toujours aimé les films pour ados, et à l'époque de mon entrée à
l'age adulte, le film était très populaire... |
Joe |
Et alors, qu'y a-t-il à propos de l'amour impossible ? Est-ce
que c'est que seul l'amour est essentiel ? |
Jason |
A un moment, le personnage qui joue le rôle de Susan Ivanova dans
la serie américane Babylone 5, cite aprés la mort de Marcus Cole que tout
amour est impossible. |
Henry |
Est-ce que c'est dans Pretty in Pink ou dans Babylone
5 ? |
Jason |
Non, mon Dieu, c'est dans Babylone 5 ! |
Henry |
Oui, quelle idée ! Je me disais que peut-être Susan Ivanova
est-elle aussi dans Pretty in Pink... |
Jason |
Mais non ! |
Joe |
Revenons à Pretty in Pink... |
Jason |
L'amour impossible. |
Joe |
Bon. L'amour impossible. Donc vous dites que... |
Jason |
Oui notre discussion allait vers ça : ce personnage, Ducky,
apprend à faire face à l'amour impossible, et se rend compte qu'il est
amoureux de cette personne qui ne le lui rend pas, qui ne le lui rendra
jamais. Ce n'est pas de un amour « pur » – à propos duquel nous
reviendrons à propos de Don Juan DeMarco – c'est le pire genre d'amour qui soit, celui dans
lequel il mêle des aspects romantiques. Enfin, c'est une bonne et belle
histoire. On pleure à la fin. |
Joe |
Est-ce que cela veut dire que selon vous, dans cette vie, tout amour
est plus ou moins impossible ? |
Jason |
Je pense que c'est une idée intéressante et que pour certaines
personnes, c'est le cas. Cela peut aider les gens à comprendre que parfois,
vous n'êtes pas dans une incarnation où vous allez rencontrer d'âme sœur.
Vous n'êtes pas prêt, ou préparé, ou destiné à en rencontrer, et vous devez apprendre
à vivre cette vie sans cela. Donc oui, pour certaines personnes, tout amour
est impossible. |
Joe |
Donc Pretty in Pink est une leçon intéressante qui
prépare à cette réalité. |
Jason |
Effectivement. |
Joe |
Numéro neuf. |
Jason |
Don Juan DeMarco, un de mes films
préférés. Il y a cette affaire de Don Juan contre le Casanova... Don Juan est
ce personnage... c'est vraiment le type de « Pimp Daddy » lisse, mais
c'est une personne bien, alors que Casanova est clairement une crapule :
une espèce de charlatan. Sa biographie est truffée des preuves de ses crimes.
C'est plutôt un pervers, mais d'un niveau très bas, du genre de celui du
Marquis de Sade, c'est à dire d'un niveau de perversité... |
Joe |
... que nous ferons bien de passer sous silence... |
Jason |
... oui : que nous ferons mieux de passer sous silence... |
Joe |
Donc nous n'en parlerons pas ! |
Jason |
Casanova est un manipulateur et un psychopathe. |
Henry |
Avez-vous vu le film de Fellini, Casanova, avec Donald
Sutherland ? |
Jason |
Non, mais c'est sûr que j'aimerais bien. |
Henry |
C'est un film extrêmement déprimant, parce que c'est exactement le
genre de personnage qu'il dépeint. |
Jason |
C'était au fond un charlatan. Il a passé la dernière partie de sa vie
à manipuler les femmes âgées, pour de l'argent.
Il se faisait passer pour un médium. |
Joe |
Il y a un lien fort avec les numéros neuf et dix. Ce personnage de
Don Juan peut tout à fait, dans la vie, être à la source de nombreuses
histoires d'amours impossibles. |
Jason |
Tout à fait ! |
Joe |
L'avez vous identifié comme tel ? |
Jason |
Non. Mais lui-même a fait l'expérience de l'amour impossible, parce
que son amour, celle qu'il considère être son âme sœur, Doña Anna, ne veut
pas partager sa vie à cause de ses amours passées – c'est aussi une des
choses intéressantes. Et bien que cela lui arrive, et bien que, dans le film,
il tente de se suicider, il parvient à dépasser cela et se met à aider les
autres, et il fait des réflexions très pénétrantes sur l'amour, comme par
exemple... voyons ce que j'ai là... je les ai écrites... voilà, il dit :
« Il y a seulement quatre valeurs dans la vie, Don Octavio : ce qui
est sacré, ce dont est fait l'esprit, ce qui vaut la peine d'être vécu... et ce
pour quoi il vaut la peine de mourir – et leur point commun est
identique : l'amour ». Cette réflexion m'a habité pendant
longtemps, et m'a permis de comprendre que l'amour embrasse beaucoup de
choses, et est embrassé par beaucoup de choses. |
Joe |
Là vous parlez de Don Juan ? |
Jason |
Oui, de Don Juan. |
Joe |
Donc il comprenait cela, mais ce n'était pas quelqu'un qui s'était
donné pour tâche de... |
Jason |
Non, non, à un certain moment dans sa vie, quand il a enfin trouvé
cette femme, Doña Anna, qu'il veut pour lui, il ne peut pas. |
Joe |
OK. Bien. Numéro huit. |
Jason |
American Beauty. Wow. Fabuleux film! OK,
j'ai quand même eu un peu de mal avec les dernières répliques, quand il
commence à parler de la beauté, et à dire que toute vie est belle, ce genre
de choses, et à un certain niveau, c'est sûr... à un certain niveau,
probablement... |
Henry |
Comme, disons : vu d'un autre monde... |
Jason |
...toute vie pourrait paraître belle, mais pas tout ce qu'il y a dans
le monde. Donc je ne suis pas tout à fait d'accord avec ça. Mais j'ai
vraiment aimé l'histoire de cet enfer suburbain auquel le personnage, Lester
Burnam, essaie d'échapper. Sa femme est clairement, je ne dirais pas
psychopathe, mais avec une forte tendance à... elle ne ressent pas les
émotions, elle est mauvaise en réalité, vous voyez. Il rompt avec sa femme,
qui le manipule et le contrôle. Il essaie de vivre sa vie comme il l'entend,
et de faire ses propres choix plutôt que de se conformer à ceux qu'un autre
ferait pour lui. Bien sûr à la fin il se prend une balle dans la tête, mais
au moins il aura essayé. |
Henry |
Mon Dieu, je n'ai pas besoin de voir le film ! |
Joe |
Tu n'as pas vu American Beauty ? |
Henry |
Non. |
Scott |
J'ai bien aimé ce film, American Beauty, et je suis
plutôt d'accord avec vous au sujet de ce qu'il dit à propos de la beauté, et
tout ça. Ce que j'ai trouvé de plus intéressant dans ce film est comment il
révèle – pas seulement dans la vie américaine, l'Amérique est un pays, mais
dans tous les pays, à une échelle planétaire et d'un point de vue politique –
qu'il y a d'un côté ce qu'on aimerait bien croire et d'un autre côté ce qui
existe en réalité. Pour moi c'en est la représentation symbolique. En plus
d'être littéralement vrai, sur le plan symbolique, il montre que chacun
travaille très dur à rester dans l'illusion que tout va bien, alors qu'en
réalité, si vous commencez à creuser et à faire attention, tout n'est pas si
rose... |
Jason |
C'est vrai. Cela nous ramène à cette histoire avec Zizou, à propos de
laquelle nous parlions des gens qui ne se défendent pas, et le film, au fond,
parle d'une personne qui arrive au point de saturation : il ne peut plus
en recevoir davantage de sa femme, il ne peut plus en recevoir de son enfant,
qui le traite mal, il ne peut plus en recevoir de sa vie, qui est médiocre et
décevante. Il ne fait pas ce qu'il voulait faire, il ne fait pas ce qu'il
pense qu'il devrait faire. Il est enfermé dans ce travail de télé marketing.
Et donc finalement il dit : NON. Et il le fait de manière créative et
humoristique. C'est une belle histoire, qui traite au fond de quelqu'un qui
s'élève et dit NON. |
Joe |
Donc le message est : essayez de sortir de la médiocrité ? |
Jason |
Oui, c'est ça ! |
Joe |
Mais ne vous faites pas tirer dans la tête ! |
Jason |
Lui se prend une balle dans la tête, mais il « s'échappe »
de sa vie comme ça... |
Joe |
N'est-ce pas un peu oppressant ? |
Jason |
Oui. Mais vous savez la vie, Dante l'a dit : « la vie est
une suite de moment creux », je parle de Dante du film
Clerks |
Joe |
OK. Sympa (rires) |
Jason |
« La vie est une suite de moments creux » |
Scott |
Que nous savons être quelque chose que Jason voulait vraiment mettre
sur sa liste ! Mais... |
Jason |
Non, je ne voulais pas mettre Clerks sur ma liste, mais Méprise multiple[12]
oui... |
Joe |
Passons au numéro sept. |
Jason |
L'Arriviste. OK. Ce film est le meilleur
sur... disons qu'il peut être considéré comme un documentaire, sous forme de
fiction, sur les psychopathes nés – et comme ils sont insidieusement
diaboliques à leur manière. Reese Whitherspoon joue une étudiante de Jim
McAlister, incarné par Matthew Broderick, qui se présente aux élections pour
la présidence de la promotion. Ce juste après qu'elle ait vécu une aventure avec
un de ses professeurs, qui se trouve être le meilleur ami de Jim McAlister,
et qui se fait arrêter d'ailleurs... Elle tente de manipuler les élections.
Elle est tellement certaine d'être la meilleure ! Lui est convaincu
qu'elle est mauvaise, et il se projette dans le temps en se demandant ce que
serait le monde si elle devenait président. Et il se dit « Il faut que
ça s'arrête, je ne peux pas laisser cela arriver ! ». A un moment,
elle dit : « Seigneur Jésus ! Jusqu'à maintenant je ne t'ai
jamais ouvert mon cœur ni demandé quoi que ce soit, mais aujourd'hui je te
demande instamment de m'aider à gagner les élections demain, parce que je le
mérite, et pas Paul Metzler ! Comme tu le sais, je me rends compte
que c'est grâce à Ton intervention que Tammy Metzler a été disqualifié, et
maintenant je Te demande d'intervenir une nouvelle fois, et de faire en sorte
que je sois élue comme il se doit, de telle sorte que je puisse faire Ta
volonté sur terre comme au ciel. Amen » |
Scott |
Mmmm... Ça correspond tout à fait au monde d'aujourd'hui ! |
Jason |
Elle est réellement le portrait de ce que j'appelle le psychopathe
né. Quelqu'un de complètement monstrueux... |
Henry |
...génétiquement... |
Jason |
Génétiquement. |
Joe |
Il n'existe aucun remède pour celui-là ! |
Jason |
Non. Elle est réellement purement diabolique... il suffit de voir la
manière totalement dénuée de toute émotion avec laquelle elle détruit la
carrière de deux professeurs ! Ce n'est pas tant qu'ils fassent de
mauvais choix, mais c'est qu'elle laisse un sillage de destruction au lycée. |
Joe |
OK ! |
Henry |
Numéro six... |
Jason |
Numéro six. Beautiful Girls. A vrai dire, ça fait des
années que je n'ai pas vu ce film. Mais je m'en rappelle très bien. Il y a
une partie du film qui a eu un impact d'une grande profondeur sur moi :
la relation entre Marty et Willy lorsqu'ils
parlent de Winnie l'Ourson – qui n'était à l'origine qu'un rêve né de
l'imagination de son créateur, Christopher Robin, qu'il n'a pu réaliser qu'à
l'âge adulte... Beautiful Girls est un film sur la façon qu'on a
d'anticiper notre vie, nos émotions, de prendre nos désirs pour des réalités,
de nous auto évaluer, mais aussi sur la nécessité de revenir sur nos pas afin
de nous mettre en relation avec les autres... Le personnage principal, Willy,
doit retourner dans sa ville d'origine. Il vit sa crise de la quarantaine, a
beaucoup de problèmes. Alors il retourne dans sa ville d'origine, retrouve
ses amis, et tente de résoudre ses problèmes. C'est un beau film. Il contient
des discussions réellement intéressantes, et on peut y trouver beaucoup de
petites citations. Donc... |
Joe |
OK |
Henry |
Numéro cinq ! |
Jason |
Le Magicien d'Oz. |
Henry |
Le Magicien d'Oz ! C'est un film
que j'ai vu ! |
Scott
(à Jason) |
Je ne sais pas si tu dois expliquer celui-là, parce que si tu ne sais
pas pourquoi tu dois le voir... il n'y a plus
d'espoir pour toi ! |
Joe |
Allez : Le Magicien d'Oz. |
Henry |
D'après toi il y a dans Le Magicien d'Oz des
références très directes au travail ésotérique, à travers chacun des
personnages et des rôles qu'ils ont. |
Jason |
J'attirerai votre attention sur les ressemblances entre Le
Magicien d'Oz, Star Wars, et Buffy contre les
Vampires (il rit) Parce qu'ils sont basés sur le même concept
et partagent la même structure : le quatuor – trois personnages
représentent l'émotionnel, l'intellectuel et le physique, et puis vous avez
celui qui les conduit sur la route vers Oz. Donc je laisserai cela de côté! |
Joe |
Numéro quatre. |
Jason |
Le Talentueux Mr Ripley. C'est
certainement le film le plus effrayant que
j'aie vue depuis longtemps, non qu'il soit « gore » ou violent,
mais à cause de son personnage, Tom Ripley, tout simplement effrayant. Je
l'appellerai le « psychopathe créé », parce qu'il apparaît qu'il
ait réellement fait l'objet de mauvais traitements, qu'il soit d'une classe
sociale peu élevée, qu'il soit pauvre... bref qu'il ait eu une vie terrible, et
il devient un genre de charlatan, un mystificateur, un faussaire. Un beau
jour il trouve une veste Princeton et s'introduit dans une réception, se mêle
aux personnes riches, et se lie d'amitié avec un type richissime dont le fils
est parti en Europe, qui lui offre mille dollars pour aller rechercher son
fils et obtenir qu'il revienne. Il y va, et il y a des nuances homoérotiques avec
le personnage, Dicky Greenleaf, joué par Jude Law. Il finit par le tuer et
lui voler son identité – faisant par la suite semblant d'être lui. Mais il
est un jour démasqué ; et il s'enfuit. En guise de « happy
end » il récidive, il recommence la même chose avec une autre personne.
Donc.. |
Henry |
C'est pas mal comme « happy end » ! |
Jason |
Oui c'est une conclusion très joyeuse ! Il y a la mort, le sang,
la destruction... |
Joe |
Donc ça c'est la genèse d'un psychopathe, d'un psychopathe
« créé » comme résultante de pressions d'ordre social ou sociétal.
Il y en a beaucoup de ce type-là aujourd'hui. |
Jason |
C'est possible. Bien sûr ce n'est que de la fiction, mais ce que j'en
retire comme enseignement, c'est qu'une personne peut être soit mauvaise
jusqu'à la moelle – du genre « mauvaise graine », et La
Mauvaise Graine[13] est un film qui aurait pu figurer sur la liste – qu'une personne peut être née ainsi, ou alors devenue ainsi sous l'influence d'autres psychopathes.
Donc c'est possible. |
Henry |
On arrive au numéro trois. |
Jason |
Déjà le numéro trois... C'est sans conteste Donnie Darko. |
Henry |
Donnie Darko, oui. |
Jason |
C'est un film contient de nombreuses clés de lecture : le temps,
la réincarnation, le choix, le passage d'un niveau d'existence au suivant –
et à propos de cela, l'élévation, la relation aux dieux, le destin, la
destinée, les boucles temporelles : toutes ces clés sont valables.
Toutes ces clés « marchent », tant ce film en contient... |
Joe
(sur le ton de la plaisanterie) |
Toutes choses triviales, de la vie de tous les jours... |
Jason |
Des choses qui arrivent tous les jours, c'est certain ! |
Joe |
Sans qu'on s'en aperçoive ! |
Henry |
Vous voulez dire que les gens en discutent autour de la table de la
cuisine partout dans le monde ? (rires) |
Joe |
Bien sûr ! |
Jason |
Et comment ! |
Joe |
Donc Donnie Darko est un film à voir. |
Jason |
C'est un film fantastique ! Très effrayant. |
Joe |
Numéro deux. |
Jason |
The Matrix, The Thirteenth Floor. The Matrix, c'est un choix évident parce
que tout le monde le discute. |
Henry |
Donc on n'en parlera pas! |
Jason |
Non, enfin, je veux dire, personnellement je ne suis pas un si grand
fan que ça de The Matrix. Je l'ai bien apprécié pour ses scènes
d'action, mais... |
Joe |
Moi je pense qu'il en fait partie. |
Scott |
Tu l'as mis sur la liste pour nous faire plaisir, alors ! |
Jason |
Oui je l'ai mis pour vous autres ! |
Henry |
Si tu avais le choix, prendrais tu la pilule rouge, ou la pilule
bleue ? |
Jason |
A quoi correspondent-elles chacune, déjà ? |
Henry |
Red Pill Press ![14] |
Joe |
La pilule rouge est celle qui mène au savoir ! |
Jason |
Ah oui, bon, je commence à voir... |
Joe |
La pilule rouge permet de connaître la vérité. La pilule bleue permet
de revenir à l'illusion. |
Jason |
Eh bien, à vrai dire, je ne sais pas trop ce que je ferais... je ne
suis pas dans cette situation... |
Joe |
Demanderais-tu une autre couleur, alors ? |
Jason |
Est-ce que je peux... |
Joe |
Y a-t-il une autre possibilité ? |
Henry |
Voilà, il ne prend pas parti ! |
Jason |
Non, je veux dire, je vais répondre à la question ! Mais je
pense qu'elle n'est pas juste. Parce que je pourrais répondre
« Oui » comme je pourrais répondre « Non », et cela ne
voudrait rien dire, parce que je ne suis pas dans cette situation. Pourtant
on est dans cette situation tous les jours, mais... |
Henry |
Ça c'est vrai ! |
Jason |
Si j'étais là avec Lawrence Fishburne[15], je ferais probablement ce
qu'il me dit de faire, parce qu'il est sacrément costaud, non ? (rires) |
Joe |
OK ! |
Henry |
Est-ce que cela ne serait pas lié au libre arbitre, par hasard? (rires) |
Jason |
C'est une star ! Une star de cinéma ! |
Henry |
Bon, très bien... Numéro un ! |
Jason |
Star Trek La Colère de Khan. |
Henry |
Pourquoi ce film est-il en position numéro un ? Je veux dire,
autrement qu'à cause de Kirk ? |
Jason |
L'ordre n'est pas très important, en fait... |
Joe |
Mais c'est le numéro un, enfin ! Les gens devraient voir ce film
en position numéro un, parce que... ? |
Jason |
Tout le monde devrait voir La Colère de Khan. |
Joe |
Pourquoi ? |
Jason |
Bon, OK. |
Joe |
Qu'y apprendront-ils ? |
Jason |
Qu'y apprendront-ils ? En fait ils peuvent apprendre de
n'importe quel film... |
Henry |
Allons donc, tu es en train de miner toute l'idée sur laquelle est
basé ce podcast... et dans les dernières minutes, en plus ! |
Jason |
Oui maintenant c'est fini, il est détruit ! Il est
détruit !
Soyons sérieux. Star Trek La Colère de Khan. Grand film
classique, inspiré de Moby Dick, qui est un conte de la
revanche. J'aime le fait qu'il présente la revanche comme une entreprise
futile. |
Henry |
Est-ce que le capitaine Kirk finit en sombrant à travers l'espace sur
un morceau de l'Enterprise ? |
Jason |
(Rires) Non ! |
Joe |
Ou bien alors amarré à un bâtiment de guerre Klingon ? |
Jason |
Non, non, rien de tout ça ! Khan meurt à la fin. Cela pose un
problème à Kirk, qui doit apprendre à vivre avec, et faire face à son
incapacité gérer cela. Il est contraint à vivre cette situation avec Spock,
qui se sacrifie lui-même – et ça aussi c'est une chose int&eacut |