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Podcast Signs of the Times
25 août 2006
Traduction Jérôme Louvel

Laura « Il y a un programme de désinformation pour littéralement tous et chacun, qui que vous soyez, quelque soient vos goûts, vos croyances, vos centres d'intérêt ; un site Web a été conçu spécialement pour vous, pour diriger votre pensée et votre attention et vous emmener dans la direction qu'ils souhaitent que vous preniez... »

« Vous écoutez Radio Libre Signs-of-the-Times qui émet au cœur d'une Amérique occupée »

Henry

Bienvenue sur le podcast Signs-of-the-Times de cette semaine. Je suis Henry...

Joe

... Je suis Joe...

Scott

... et je suis Scott.

Henry

Nous somme de retour cette semaine en compagnie de John, qui est Directeur d'une banque majeure de la zone Euro. Bienvenue John.

John

Bonsoir.

Henry

John était avec nous voici à peu près un an - c'était en octobre - et nous parlait de la situation économique. Ce podcast fait partie des plus populaires, ce qui fait que nous avons décidé de réinviter John, et de jeter un œil à l'apocalypse économique attendue pour... cette année ! N'est-ce pas John ?

John

Eh bien, la dernière fois j'ai fait bien attention à ne pas faire de spéculation sur ce qui allait arriver, car nous avons besoin d'être réalistes sur la façon dont vont les choses.

Henry

Nous venons juste de réécouter le podcast de l'année dernière. Nous nous demandions si nous ne nous étions pas laissés aller à formuler des prédictions trop drastiques, et en fait nous avons été étonnés de notre prudence. En réalité, vous ne pouvez jamais être certains de ce qui va venir, ni de quand cela va venir. Tout ce que vous pouvez faire, c'est, comme nous le répétons, de rester attentifs aux signes. Nous souhaitions, après une année, examiner ce qui a changé, et ce qui n'a pas changé. Comment, et pourquoi, l'économie est-elle si résiliente ?

Joe

C'est un des problèmes. Parce que, honnêtement, l'année dernière, comme vous l'avez dit, John, vous avez été plutôt prudent : vous n'avez formulé aucune prévision. Mais vous avez souligné qu'il y avait beaucoup de signes. A ce moment-là, des bruits circulaient sur le marché, prédisant certaines choses, et on avait le sentiment d'être à la veille de quelque événement. Cela nous a poussé l'année dernière à réaliser ce podcast sur l'économie et à exposer ce qui pouvait se passer. Qu'en est-il cette année ?

John

Je pense qu'une des choses que nous avons apprises au cours de ces dix derniers mois est que, alors que, comme vous le dites, tout le monde pensait l'année dernière que la fin du système économique que nous connaissons était proche, maintenant il est évident que la fin n'est pas proche - qu'elle n'est pas pour cette semaine ! Bon ! Examinons cela. Cela me fait poser quelques questions fondamentales sur ce qui motive le « pouvoir en place[1] » aux commandes du système : qu'est-ce qui les motive, quels sont les critères, étant donné les circonstances, qui leur octroient la liberté de pousser le « bus » économique[2] - c'est le terme que nous avons employé l'année dernière - dans le ravin ? Je pense que ce que nous avons à réviser dans notre pensée est que l'échelle de temps est très flexible. Ils ont été jusqu'à aujourd'hui en mesure d'obtenir à peu près tout ce qu'ils veulent : ils ont obtenu une situation économique qui nourrit leurs guerres ; ils ont une population très docile ; dans les trois pays qui semblent compter pour une certaine raison - les Etats-Unis, le Royaume-Uni et l'Australie - ils ont une population qui semble croire vraiment au « terrorisme islamique ». Vers où ils se dirigent fait de toute évidence l'objet de conjectures...

Henry

Je pense que si vous pouvez leur faire croire au « terrorisme islamique », vous pouvez également leur faire penser que le dollar US a de la valeur !

John

Oui, ils le pourront un certain temps. Le dollar, comme je pense chacun le sait, est un bout de papier couvert d'encre verte. Il n'est adossé à rien du tout. Que l'illusion soit maintenue est un exploit, un exploit extraordinaire ! Et je pense que le pouvoir en place cherche le maintien de cette illusion. Parce qu'aussi longtemps qu'elle tient, ils peuvent l'utiliser pour leurs desseins néfastes. Peut-être n'ont-ils pas encore besoin de laisser s'effondrer l'économie. Je maintiens toujours qu'ils vont la laisser s'effondrer le moment venu. Même si des éléments au sein du pouvoir en place estiment qu'ils peuvent maintenir l'illusion, il est évident, quand vous y réfléchissez, que le système est de plus en plus sous pression. C'est cette pression, et le besoin d'illusion, que nous devons surveiller.

Joe

Lorsque nous en discutions l'an dernier, vous avez montré comment l'économie des pays pris individuellement, et l'économie globale, sont entièrement manipulées. Les gens croient en général que l'économie est réelle, qu'elle est fondée sur des facteurs concrets, qu'on peut toucher - mais ce n'est pas le cas, comme vous l'avez mentionné l'année dernière. Si elles sont ainsi manipulées, cela pose évidemment le problème de savoir comment la manipulation va évoluer, et pour le pire : cela dépend d'eux ; et comme vous l'avez dit, cela est probablement basé sur d'autres facteurs tels que la docilité des populations, et les guerres qui sont la plaie de notre temps.

John

Oui, tout à fait. Je pense que les événements de ces douze derniers mois pointent vers le fait que l'illusion est maintenue ; et vers le fait qu'ils aient à recourir pour cela à des mesures de plus en plus drastiques. La première chose, c'est que les Etats-Unis ne publient plus les statistiques de la quantité de monnaie qu'ils mettent en circulation. Pourquoi la plus grande économie au monde, la monnaie la plus importante au monde, la monnaie qui a cours pour les échanges au niveau mondial, arrête-t-elle de nous dire combien d'argent elle imprime ? La raison est qu'ils doivent en imprimer bien davantage qu'ils ne veulent qu'on le sache ! Si vous vous rendez compte que le dollar que vous avez dans la poche est un dollar parmi des milliards en circulation ; si vous réalisiez qu'il s'en est imprimé quelques milliards de plus au cours des douze derniers mois, la valeur du dollar deviendrait relativement négligeable. C'est le changement fondamental survenu le vingt mars de cette année : qu'ils aient cessé de publier ce qui était connu sous le nom de « M3 money supply statistics ». L'autre chose qui est en train de se passer est l'accroissement, et le maintien à des niveau élevés, des prix du pétrole. Un chose à laquelle nous devons être attentifs est ce qui arrive aux pétrodollars. Qu'arrive-t-il à ce pétrole qui est acheté au prix de soixante dix, soixante quinze dollars le baril ? La réponse est qu'il va dans la poche des gouvernements sous forme d'impôts et taxes. Il va dans la poche des très grandes entreprises pétrolières, principalement à capitaux américains, sous la forme de revenus pétroliers. Il va aux entreprises pétrolières nationales des pays hôtes - un terme poli pour désigner les « violés » : l'Iran, l'Irak, l'Arabie Saoudite, le Vénézuéla - ces pays sont dépouillés de leur richesses. Le « violé » l'est par une compagnie pétrolière contrôlée par le gouvernement. Et puis il y a les gouvernements eux-mêmes, soumis à ce qu'on appelle des « accords de production partagée », où le gouvernement du pays retient une petite part de la richesse pétrolière produite. Qu'allez-vous donc faire de toute cette richesse en dollars US ? Vous pouvez espérer la mettre à la banque. Mais les banques ne veulent pas de cet argent : elles en débordent déjà et n'ont nulle part où le mettre. Il n'y a donc pas de place pour une épargne en dollars US, si vous la gardez dans cette monnaie. Et vous avez le Trésor américain. Que fait-il ? Ils émet des bons du Trésor américain, et il donne les fonds qui en résultent, de manière générale, au Pentagone. Et le Pentagone fabrique des missiles, des bombes, des bateaux...

Joe

Vers qui ces bons du Trésor sont-ils émis ?

John

Un bon du Trésor est comparable à un prêt : c'est un certificat de prêt échangeable. Ces bons sont émis en faveur des gouvernements, des compagnies pétrolières, et de tous ceux qui ont des dollars à épargner. Donc fondamentalement ces gens prêtent cet argent au retour au gouvernement des Etats-Unis.

Henry

Il se disait, voici un an, que la Chine en avait des quantités énormes ; et on estimait que d'autres pays étrangers détenteurs de bons du Trésor US ne voudraient plus détenir de telles quantités de réserves en dollar sous cette forme. Certains mois, je me rappelle que le gouvernement américain avait du mal à vendre tous les bons qu'il mettait sur le marché. Que s'est-il passé l'an dernier sous ce rapport ?

John

Les banques centrales dont on parlait alors ont continué, de manière générale, à acheter des dollars, bien qu'en quantités moindres ; et elles ont accru leurs avoirs en euros, et pour certaines d'entre elles en yen - mais principalement en euros. Il ne vous aura pas échappé que ces statistiques n'ont pas été mises sur la place publique. Parce que si les banques centrales, et les grandes économies avec épargne continuaient à ne pas acheter de dollars, le monde, et en particulier la population américaine, auraient du mal à l'entendre. La banque de Corée, par exemple, a gelé ses avoirs en dollars, et épargné principalement en euros - bien que cela ait naturellement causé quelques problèmes. Les Etats-Unis ont immédiatement annoncé le retrait de leurs troupes de Corée du Sud - alors les sud coréens ont recommencé à acheter des dollars. La Chine a continué a acheter des dollars, mais en quantités moindres : un jeu continue à se jouer entre la Chine et les Etats-Unis, un jeu d'échecs tridimensionnel, je dirais, avec des pions qui sont poussés de part et d'autre : le gouvernement des Etats-Unis dit au gouvernement chinois qu'il doit réévaluer sa monnaie, qui est trop bon marché ; mais si le gouvernement chinois réévaluait sa monnaie, alors les citoyens américains n'auraient plus les moyens d'acheter la camelote chinoise, et devraient faire face au fait qu'ils ne sont pas aussi riches qu'ils pensent qu'ils sont. Et il y a bien sûr ce jeu qui dure depuis plus longtemps de faire des chinois des boucs émissaires dans l'esprit des américains. Il y a eu une enquête au cours des trois ou quatre derniers mois qui a révélé que les américains pensaient que la Chine représentait à leur égard la menace économique, et la menace de pouvoir, la plus grande. Alors que la Chine de son côté regarde l'Amérique comme une sorte de plaisanterie, un endroit qui produit de bon films, et des biens de consommation bon marché. Ils ne voient franchement pas l'Amérique comme une menace stratégique majeure. La Chine croît, elle compte aujourd'hui plus d'un milliard deux cents millions d'habitants : elle est plus qu'en mesure de se débrouiller toute seule. Elle est bien contente de vendre des biens aux Etats-Unis, mais elle peut les vendre autre part. Les Etats-Unis ne sont qu'un grand partenaire commercial. Et ils savent bien que les Etats-Unis sont sur le déclin, qu'ils ne seront plus un grand pouvoir - ils voient cela arriver au cours des cinquante prochaines années. Ils sont à l'aise avec ça. Leur plus grande crainte est que si ils s'effondrent, cela ne s'étende, comme c'est le cas pour beaucoup d'empires.

Les sauveurs du monde ne seront pas les banques centrales. Les principaux flux, en termes de ceux qui financent la dette du gouvernement américain, viennent de ceux qui vendent du pétrole, de ceux qui prennent part à cette chaîne de la production, du raffinage, du négoce pétroliers, de la vente finale des produits pétroliers : essence, etc. ... toutes ces parties : que ce soit le gouvernement des Etats-Unis, ou les gouvernements qui collectent les taxes, les compagnies qui engrangent les profits - et les compagnies qui les engrangent paient des impôts, ou sont détenues par les gouvernements. La clé est là où vont ces dollars. La préoccupation du gouvernement américain est où vont ces dollars. Un bon exemple de cette préoccupation est l'attitude du gouvernement des Etats-Unis à l'égard d'Hugo Chavez. Il produit beaucoup de pétrole. Il vend je crois aux Etats-Unis treize pour cent de besoins américains en pétrole. Mais au lieu d'être une bonne petite nation bien docile, Hugo Chavez fait la chose la plus atrocement rebelle qui soit de ses dollars : ils les dépense pour son peuple ! Il ne passe pas par les fourches caudines des Etats-Unis. Dans la mesure où il en a besoin pour faire du commerce, il ne vend pas du tout son pétrole en dollars aux autres nations, il l'échange par troc, en nature. Et pour les Etats-Unis et les autres nations qui ne veulent pas de paiement en nature, il prend leurs dollars, leur dit merci beaucoup, et les vend sur le marché monétaire international pour obtenir quelque chose qui ait plus de valeur : que ce soit de l'or, des euros, des yens, d'autres monnaies - des monnaies qu'il puisse échanger. C'est très significatif que les Etats-Unis soient vraiment fâchés de cela. Parce que le dollar est comme toute commodité : comme je l'ai dit, c'est juste un morceau de papier imprimé à l'encre verte. Et si ce morceau de papier n'est plus demandé, sa valeur chute. Treize pour cent des achats américains en pétrole représentent un bon paquet de dollars : qu'ils ne puissent être remis en circulation aux Etats-Unis met réellement le gouvernement américain en colère. C'est une des raisons pour lesquelles il en a après Chavez. Mon point de vue, comme celui de bien des gens qui examinent cette situation, est qu'il n'y pas de raison fondamentale pour que les prix du pétrole soient maintenus à des niveaux aussi élevés. Il existe une offre abondante. Il en est toujours extrait. Il peut bien avoir rupture d'un pipeline pour quelques jours en Irak, mais la réalité est que le pétrole coule toujours. Il n'y a aucune raison pour un prix élevé du pétrole autre que le fait que sans des prix aussi élevés, le gouvernement ne pourrait plus avoir l'air d'ignorer qu'il est en faillite.

Joe

Ce que vous dites, c'est qu'au fond un prix élevé du pétrole subventionne le revenu des Etats-Unis, et compense la perte qu'ils endurent avec des gens comme Chavez - je ne sais pas s'il y en a d'autres comme lui, d'autres pays qui jouent des tours similaires aux Etats-Unis sur le plan économique. Vous dites qu'un prix élevé est en relation directe avec...

Henry

Il permet de conserver une demande en dollars US.

John

Il permet de conserver une demande en dollars. Si vous augmentez le prix du pétrole, si vous le doublez - comme il représente une part significative des échanges commerciaux, une fois que vous avez fait cela, vous avez augmenté la part relative de ce flux. Ainsi le montant de la demande en dollars reste élevé. Et malgré cette demande massive de dollars, le change du dollar reste à un euro vingt six, un euro vingt sept - ce qui est très éloigné de ce qui devrait être. Je ne sais pas ce qui devrait être, mais pas ça ! Un dollar US serait plus réaliste. Combien êtes-vous prêt à payer pour un morceau de papier imprimé à l'encre verte ?

Joe

Eh bien je ne sais pas... Combien vaut le papier toilettes aujourd'hui ?

John

Il n'est pas très doux... Je ne suis pas sûr de ses qualités...

Joe

Eh bien alors il devrait être moins cher que le papier toilette bon marché !

John

Il pourrait y avoir une demande s'ils imprimaient la figure de George Bush dessus.

Joe

Sursaut de demande pour le dollar !

John

Ça se pourrait bien, en effet...
Il y a d'autres aspects quant aux raisons pour lesquelles la situation est maintenue, et quant à la manière dont elle est maintenue. Nous avons parlé un peu plus tôt de l'illusion de l'économie. Je vais être un peu plus proche de la vie de tous les jours, plutôt que d'examiner les flux macro économiques globaux. Que se passe-t-il dans la rue ? Que ressentent les gens ? Que remarquent-ils réellement ? Clairement, là où je vis en Asie, nous avons assisté à un certain nombre de choses. Tout d'abord, les salaires ont été gelés depuis quelques années. Beaucoup de salaires ont même chuté, et on a dit aux gens qui ont fait l'objet de baisses de salaires : « Ne vous en faites pas, ça va aller ! Quand l'entreprise ira mieux, ça se verra dans vos primes ». Ou bien : « Nous vous avons donné des parts de l'entreprise : cela compense le fait que vous n'êtes plus payés autant ». Le fait est que je pourrais vous donner des parts d'une compagnie, si vous en voulez ... La réalité est que les salaires, et le coût fixe du travail, diminuent. C'est quelque chose que les gens remarquent. Pour compenser cela, nombre de gens qui n'étaient qu'une seule personne à travailler dans le foyer sont maintenant deux à travailler. Et celles qui étaient deux personnes à travailler dans le foyer ont maintenant à faire face à l'éventualité d'un travail supplémentaire : sans doute l'une des deux devra-t-elle prendre deux emplois.

Henry

Ou vendre les enfants ?

John

Vendre les enfants est, en Asie, assez lucratif. D'après ce que je sais, il y a une assez grosse organisation, dont le nom commence par « M », dont l'activité est assez significative, et dont le quartier général est au Moyen Orient...
Dans leur travail également, je pense qu'on leur en demande davantage. Cela peut mais paraître négligeable, mais combien autour de vous, et peut-être vous-mêmes également, réalisez que vous partez un peu plus tôt pour le travail, qu'on vous en demande davantage, et que vous restez un peu plus tard ? Que vous êtes simplement un peu plus stressés par votre environnement ?... C'est partout pareil. Et concrètement, pour autant, vous êtes payés moins. Et ensuite, que faites-vous, quand vous avez empoché votre dollar, votre livre ou votre euro ? Vous regardez autour de vous, et vous réalisez que votre revenu, ou bien le pouvoir d'achat dont vous jouissez, a diminué. Devenir propriétaire est tout simplement hors de prix !

Joe

C'est là où les banques rentrent en jeu. Je sais de quoi je parle, parce que j'ai un exemple concret, réel, de personnes que je connais - c'est particulièrement vrai sur le marché immobilier où les prix sont à la hausse à beaucoup d'endroits : même là où nous résidons en France, les prix de l'immobilier, au cours de ces dernières années, ont augmenté régulièrement ; et comme les gens, ainsi que vous le dites, ne sont plus payés, ils ne sont plus en mesure de faire ces acquisitions. C'est alors que les banques interviennent. Depuis longtemps j'ai remarqué que les banques poussaient les gens à souscrire des prêts - même des gens qui auraient, dix ans auparavant, fait l'objet de la part un directeur de banque d'un long interrogatoire avant de recevoir un prêt, sont désormais encouragés à en souscrire. Cela résout soit disant le problème.

John

Cela semble résoudre le problème. Alors que je me souviens que lorsque j'ai acheté un logement pour la première fois, le directeur de la banque m'a dit alors très posément que je pouvais emprunter deux fois et demi mon salaire[3], mais que c'était tout. Sans négociation possible. Et pourtant aujourd'hui, au Royaume-Uni, vous pouvez emprunter six fois votre salaire. A Singapour vous pouvez emprunter neuf ou dix fois votre salaire. A Hongkong, même chose. Au Japon, vous pouvez en prendre pour cinquante ans ; vous pouvez même léguer des dettes par testament : « Coucou les enfants. Merci mille fois, ça m'a fait plaisir de vous connaître. Et tenez, au fait, voilà ma bombe à retardement ! ». C'est un état de fait extraordinaire. Les banques ont mené la danse...

Joe

Est-ce qu'on peut voir ça comme un signe potentiel que quelque chose va changer, qu'un changement majeur se prépare ? Parce qu'en vérité ce que nous disons-là, c'est que les gens sont forcés de s'endetter de plus en plus. Ils acquièrent un logement, même aux prix élevés d'aujourd'hui - mais au fond ils n'en détiennent qu'une faible part, voire rien du tout, et ils doivent considérablement plus à leur banque. Si c'est la même chose partout, que les gens s'endettent tant et plus, et de manière forcée étant données les circonstances que vous décrivez, alors si l'économie s'effondre, et que les gens perdent leur travail et leur revenu, alors... je veux dire, c'est la banque qui devient propriétaire de tout ! Elle vous tient ! Elle tient de plus en plus de gens... Mais au fond, non, c'est un raisonnement spécieux... Je ne peux rien prédire, mais...

John

Quant au fait que la banque vous possède, il n'y a pas besoin de changements économiques significatifs. Imaginez simplement une économie dont l'activité baisse de cinq pour cent : de cent milliards, elle passe à quatre vingt quinze milliards - cinq milliards de dollars en mois en circulation. Cela veut nécessairement dire qu'un certain pourcentage de la population n'aura plus de travail. Les personnes qui n'auront plus de travail n'auront plus d'argent, et ne pourront plus payer leurs traites. Que se passera-t-il alors ? Les banques diront : « Merci beaucoup. Cela nous a vraiment fait plaisir de vous prêter cet argent, mais maintenant vous ne pouvez plus nous rembourser... » Au Royaume-Uni, les lois régissant la faillite ont été revues. Aux Etats-Unis il y a de nouvelles lois sur la faillite depuis environ deux ans. Ces lois donnent la possibilité aux banques de vous expulser. Cela leur permet simplement de dire « Vous ne pouvez plus faire face à votre dette. Merci bien : très jolie propriété ! A la prochaine fois ! » Il n'y aura pas besoin de grand chose pour que cela arrive. Il y a cette hausse des prix immobiliers. Les loyers augmentent aussi, bien sûr, parce qu'il n'y a pas le choix. Une chose que je veux dire à tous, c'est que si vous êtes propriétaire, cela a beaucoup, beaucoup de valeur. Et pour vous qui avez de grosses, grosses dettes, et qui êtes apparemment leurs égaux, je suggère de vendre, de vous débarrasser de vos dettes !

Mais d'autres choses sont liées à cette hausse. D'autres prix sont à la hausse. Tous ceux d'entre nous qui se rendent au supermarché se rendent compte qu'il en coûte bien davantage à la caisse. A la pompe également. Les prix du pétrole ont entraîné les prix de l'essence. Vers quoique vous vous tourniez, tout a augmenté. Si vous voulez prendre l'avion - et à moins que ce ne soit un « Easy Jet » à trois heures du matin - vous devez bourse délier. Tout est beaucoup plus cher. On nous dit que l'inflation, dans toutes les grandes économies, se tient aux alentours de deux, deux et demi pour cent. C'est un mensonge éhonté. Les gens sont sous pression économique. Comme vous le dites, ils empruntent davantage. Demandez vous pourquoi : pourquoi le système laisse-t-il cela arriver ?

Joe

Est-ce que c'est arrivé auparavant dans l'Histoire ? Est-ce que cela arrive de manière cyclique ? On a dit que le coût de la vie augmentait, que les salaires n'augmentaient pas assez pour y faire face, et que les banques s'avançaient pour financer ce coût élevé, ce qui fait qu'elles deviennent propriétaires de portions toujours plus significatives de votre vie, de votre richesse... Mais est-ce que c'est quelque chose qui va et qui vient, qui augmente et puis qui baisse à nouveau, est-ce que c'est déjà arrivé dans le passé, ou...

Scott

C'est là, je crois, une question importante. Parce que beaucoup de gens à qui j'ai parlé m'ont dit « Vous savez, c'est cyclique. Cela s'est déjà produit dans le passé, des prix du pétrole élevés, de l'immobilier... et ils ont baissé ensuite ». Je pense que beaucoup de gens restent réellement passifs, en particulier aux Etats-Unis, parce que selon eux c'est simplement un cycle. « Oui ça va mal, mais ça va aller mieux... ». Quel est votre point de vue sur cela ?

John

Mon point de vue, c'est que ce serait merveilleux si c'était vrai. Jamais auparavant dans l'histoire de l'économie moderne n'avons nous connu la situation extrême qui est la nôtre aujourd'hui. Jamais auparavant nous n'avons vu la plus grande économie du monde - les Etats-Unis - dans une telle situation de faillite, emprunter plus d'argent qu'elle ne pourra jamais espérer honorer, rembourser, ni même en payer les intérêts sur une génération. Voilà un extrême. Jamais auparavant n'avons nous eu une telle dette de consommation - je parle là de la dette que chacun d'entre nous avons sur notre carte de crédit[4], ou pour notre logement - comme nous l'avons dit auparavant. Jamais auparavant les gens n'ont été à même d'emprunter autant d'argent. Lors de la grande dépression, aux Etats-Unis, qui s'est propagée à l'Europe, la plupart des gens louaient leur logement. Si vous avez une économie au sein de laquelle soixante dix à quatre vingt pour cent des gens louent leur logement, vous pouvez, si vous êtes propriétaires, demander quatre cent dollars d'un appartement par semaine, si personne n'est capable de les payer, vous aller vous contenter de cent. Mais aujourd'hui aux Etats-Unis, soixante dix pour cent des gens sont propriétaires de leur logement - officiellement : c'est leur titre légal, il leur appartient officiellement - mais la propriété économique en est bien entendu à la banque.

Ça c'est une situation nouvelle que le monde n'a jamais encore connue : une crise économique au cours de laquelle les gens seront jetés à la porte de leur logement...

A moins que.

A moins qu'il n'y ait une bonne raison qui persuade les banque de n'en rien faire. Et à ce propos également, on revient à la notion d'illusion : si cela fait l'affaire du pouvoir en place, et je pense que ce sera le cas dès que les choses commenceront à empirer. La fois dernière j'utilisais l'analogie d'un bus conduit dans un précipice... Ce qui se pourrait, c'est qu'il ne s'agisse pas d'un précipice mais d'un escalier, et que le train soit en fait descendu marche par marche. A chaque marche, c'est sûr, il y aura des victimes. Mais qui sait qui seront ces victimes ? Est-ce que ce sera la classe moyenne confortable, ou les travailleurs cols bleus ?

Joe

On sait bien, en tous cas, qui ce ne sera pas...

John

Ce ne seront ni Georges, ni ses amis.

Henry

A ce propos, il vient à l'esprit qu'il se pourrait bien que cela soit utilisé comme une nouvelle forme de contrôle : les banques et les gouvernements peuvent aller trouver ces gens qui commencent à ne plus payer leurs traites et, les banques ne voulant pas de leur bien - qu'en feraient-elles ? - à la place leur dire : « Si vous voulez rester dans votre logement, voici ce que vous allez faire... »

John

Oui. Dans beaucoup de pays, dont les Etats-Unis, les prêts sont assurés par le gouvernement des Etats-Unis, aux Etats-Unis ce sont Fannie Mae, Freddie Mac  - des assureurs qui sont aussi des agences du gouvernement. Peut-être. Peut-être est-ce un moyen de faire que les gens se mettent dans des situations telles qu'ils puissent peser sur eux. Peut-être que si vous vous sépariez de votre fils aîné pour qu'il se mette au service de notre grande nation, qu'il soit envoyé en Iran ou en Syrie, ou à tout autre endroit où elle combat...

Joe

C'est plausible ! Envoyez-le et il reviendra dans un boîte, et ça fera une bouche de moins à nourrir !

Henry

Et cela n'aura pas besoin de prendre la forme d'une manipulation ouvertement coercitive. Il s'y prendront en... vous savez, si vous avez un membre de votre famille dans l'armée, alors le gouvernement prendra en charge vos traites, ou que sais-je ? Quelque chose qui puisse être vu presque comme un cadeau, de telle sorte que la part de manipulation qu'elle contient reste cachée. Juste pour faire en sorte que les gens ne sortent pas du rang.

Joe

Il y a quelque chose que nous n'avons pas fait la dernière fois, et que je voudrais faire maintenant : spéculer. Pas prophétiser, pas prédire (rires) Pas de prédictions, pas de prophéties, mais des idées...

Henry

Tu veux investir ?

Joe

Spéculer sur le marché... Non. Soyons sérieux. Nous parlons d'un effondrement économique possible. Comment cela arriverait-il, en toute éventualité ? Par exemple : Qu'est-ce qui pourrait faire qu'on s'engage dans la chute ? Cette chute serait-elle totale, ou alors existerait-il des degrés ? Toucherons-nous le fond, ou alors est-ce que ce sera un pas à la fois : vous avez parlé d'un escalier. Comment cela se passerait-il ?

John

C'est une question extrêmement difficile.

Joe

Ah bon ?

John

La réponse dépend, selon moi, de savoir quel est le « point d'appui » sur lequel l'illusion repose qui cèdera le premier. Et de spéculer là-dessus est extrêmement difficile. A la même époque l'année dernière je vous disais que le scénario était que le dollar US allait chuter, que ce serait la faillite de la monnaie. Tout était en place. A l'époque nous savions qu'ils allaient arrêter de publier ces statistiques des quantités de monnaie qu'ils imprimaient. Maintenant, toute personne s'intéressant à une monnaie et douée de logique... par exemple si le gouvernement japonais annonçait qu'il allait arrêter de dire ce qui se passe au Japon, le yen s'effondrerait, et il y aurait une espèce de fuite vers d'autres valeurs. Mais le gouvernement des Etats-Unis s'en est tiré de dire « On va arrêter de vous informer des quantités de monnaie que nous imprimons... ». J'ai donc suggéré que le dollar allait chuter. Que cela mettrait les entreprises américaines dans une situation très difficile, ce qui causerait un effet de dominos sur l'économie globale. On commencerait alors à voir que le commerce international donnerait des signes de s'effondrer, parce que les systèmes d'échanges commerciaux ne fonctionnent que s'il y a de la stabilité - Vous pouvez avoir une monnaie qui perd cinq pour cent par mois, les gens ne pourront s'adapter que si elle continue de perdre cinq pour cent par mois. Ce sont les hauts niveaux de volatilité... c'est comme un bateau mis dans une mer très difficile : s'il plie et se tord, il finit par se briser. Mais si vous le mettez dans une houle très, très forte, il tiendra parfaitement la mer aussi longtemps qu'il n'y aura pas ni pliage ni torsion. Ce sera la volatilité, les pressions extrêmes, qui briseront le système.

Joe

Qu'est-ce qui ferait que le dollar chute ?

John

Que les gens réalisent qu'il n'a aucune valeur. L'économie repose sur la confiance. La clé du maintien du niveau du dollar est la confiance dans le fait que les Etats-Unis vont continuer à fonctionner, à payer les intérêts, et qu'il n'y a nulle part ailleurs où placer l'argent. Maintenant une des choses qui peut se développer est que le choix vienne à manquer. L'Europe essaie, relativement parlant, de ne pas emprunter autant que les Etats-Unis ; que les Etats-Unis aient besoin de tout cet argent permet de générer des taux d'intérêts élevés. Il y a deux ans les taux d'intérêt étaient à un plancher de deux pour cent. Maintenant ils sont à cinq pour cent - ce qui n'est pas élevé historiquement, mais relativement. C'est l'illusion de la continuité qui est cruciale. Je pense que ce qui causer la chute ne sera pas une cause économique. Mais : une révélation à propos d'un des événements qui a eu lieu sur la planète au cours de ces quelques dernières années... une révélation sur la nature illusoire de la « war on terror »... sur le rôle d'Israël dans les événements globaux... sur la situation réelle des approvisionnements en nourriture sur la planète... Peut-être quelque chose sera-t-il manipulé ; peut-être ne pousseront-ils pas délibérément le système avec une épidémie de grippe aviaire. Quelque chose sera à l'origine d'une perte de confiance massive. Nous avons eu une situation intéressante en mai et en juin lorsque la valeur des instruments de morts, des bombes, a chuté sur le marché international. Un certain nombre de commentateurs ont suggéré alors « Ça y est : c'est le commencement. C'est la première grosse marche de l'escalier ! ». On a vu la valeur des biens immobiliers chuter de quatre, cinq pour cent, dans certains endroits des Etats-Unis et du Royaume-Uni. L'idée était alors que le marché international serait peut-être le dernier à se rendre compte que ces entreprises ne pourraient pas payer leurs dettes ; que certaines des méthodes d'emprunt les plus structurées ne seraient plus viables... Bang ! ont-ils dit : et beaucoup de personnes se sont précipitées vers les fenêtres.

Joe

C'est intéressant que vous parliez de confiance, parce qu'au fond tout se passe comme si aussi longtemps que, comme vous le dites, il n'y a pas de révélation qui affecte négativement la perception qu'a le monde de l'Amérique, les choses peuvent continuer ; mais si cela arrive, si l'image de l'Amérique souffre, ou l'une des choses que vous avez dites arrive, ce sera votre sentiment, certainement... mais qui seront les personnes qui ressentiront cela ? (John rit) Il s'agit de sensations, de sentiments !

Or nous parlons de personnes haut placées dans les gouvernements, n'est-ce pas ? J'aurais tendance à être sensible aux théories du complot - juste un tout petit peu ! - , et je tiendrais pour certain que ces personnes, à ces niveaux, eh bien, savent. Si l'Amérique a un secret, ils le connaissent. Mais peut-être est-ce que vous dites : « On va garder votre secret aussi longtemps que personne ne le sait. Mais dès que cela se sait, désolé, mais on ne voudra plus vous connaître; ce sera comme si vous aviez la lèpre ! ». Est-ce que c'est de ce niveau dont nous parlons ?

John

Eh bien si je pouvais répondre à cette question, je ne serais pas assis ici ; j'aurais un joli manoir quelque part aux Etats-Unis : je serais l'un d'entre eux ! Et jusqu'ici ils ne m'ont pas invité à faire partie de ce club - c'est sans doute à cause de qui je fréquente... C'est une bonne question (Rires). L'illusion : qui y croit ? La réalité est que les traders de monnaies dans les banques par le monde, et ceux qui font les marchés au quotidien, sont en mesure d'être manipulés, comme nous l'avons dit la dernière fois, par la « plunge protection », et divers autres mécanismes de manipulation du marché. C'est peut-être la raison pour laquelle nous n'avons pas connu l'effondrement fondamental qu'on pensait raisonnablement devoir arriver, à savoir qu'à un certain niveau ces personnes travaillent ensemble. Un exemple intéressant, que je ne suis pas encore arrivé à comprendre complètement, est que l'Iran - à qui on a imposé des demandes illusoires basées sur le fait qu'il n'a pas de programme nucléaire... mais qu'il doit prouver qu'il n'en a pas (prouver la négative, au passage, est illégal selon la loi commune ; c'est donc intéressant que les Nations Unies imposent cela à l'Iran) - ce pays qui fournit tant de pétrole au reste du monde et qui à cause de ce pétrole jouit d'un tel pouvoir économique, ne dit pas aux Etats-Unis d'aller au diable ! Mais à quel niveau ces gens-là fonctionnent-ils donc ? Leur a-t-on promis qu'un joli bunker souterrain les attendait à Philadelphie ou ailleurs ? Qui sait ? Si j'étais le président iranien, la première chose que je ferais serait d'ouvrir grandes mes portes aux inspections nucléaires... Je communiquerais à grande échelle sur mon programme nucléaire... Je vendrais mon pétrole en euros, et je subventionnerais les autres pour qu'ils fassent pareil... Je refuserais tout net mon pétrole aux Etats-Unis d'Amérique : je me rabattrais sur d'autres marchés... Et je ferais remarquer que je contrôle le détroit d'Ormuz en exigeant un droit de passage sur tous les bateaux à destination des Etats-Unis ! Je jouerais ces cartes-là... Mais ils ne les jouent pas : qu'est ce qui maintient le système ainsi exactement ? Cette situation que nous avons là est plutôt étrange ! Même la Chine a l'air de jouer le jeu, même si les Etats-Unis s'exclament souvent « Bouh ! la Chine, méchant panda ! »...

Joe

Oui, ou à propos des droits de l'homme...

John

Ah oui, les droits de l'homme... Tout à fait ! La Chine emprisonne quelques personnes : c'est une atteinte aux droit de l'homme ; les Etats-Unis font de même : c'est la « War on Terror ». Nous n'avons pas vu beaucoup de films, n'est-ce pas, dans lesquels les Irakiens étaient écrasé par des chars américains...

Joe

Non...

John

...en fait, je pensais à la place Tien An Men. Mais on ne montre pas ces images.

Henry

Non, pas celles-là...

John

En fait, comment tout cela fonctionne, comment tout est connecté, tout cela est extrêmement difficile... L'autre jour, je parlais à un ami de deux économies en particulier, vraiment intéressantes : celles de Dubaï et Singapour. Prenez à ces deux endroits : je présente mes respects à ces deux extraordinaires gouvernements pour avoir réussi à pousser l'art de l'illusion économique à son ultime degré. Ces deux endroits sont minuscules, et peuplés : c'est tout ! Avec cela, ils ont réussi à épargner massivement : les réserves du gouvernement de Singapour en font le pays le plus riche du monde par habitant. Dubaï fait marcher aux alentours de quinze à vingt pour cent des grues de gratte-ciels dans le monde : il construit, construit et construit ! Et aucun de ces deux pays n'a de quelconque ressource naturelle. Vous pouvez vous demander comment ces économies se sont construites. Que font-elles qui permette aux forces de la volonté... - en fait nous savons que ce sont plutôt les forces de la volonté qui permettent aux économies de réussir. Qu'est-ce qu'ils font ? Quels flux facilitent-ils ? Oui, bien sûr, il y a bien quelques échanges commerciaux : Singapour est, pour tout l'ouest, la porte de l'Asie. Dubaï est une porte d'entrée du Moyen-Orient... trop proche du chemin d'un nuage en provenance d'Israël, si vous me demandez mon avis... Il devient extrêmement difficile à discerner comment tout cela fonctionne. Si vous êtes un économiste, vous aller étudier l'offre et la demande, les pressions économiques, etc.

L'Amérique est comme un ivrogne qui a emprunté trop d'argent, qui ne pourra jamais rembourser, et se trouve lâché, hors de contrôle, avec tout un stock d'armes en mains, complètement speedé et en plein trip. Vous ne prêteriez pas un sou à ce genre de personne ! Pour autant les gens continuent à apporter leur soutien à l'économie américaine. C'est incroyable !

Et puis il y a les autres pays, les autres pays où les gens produisent des choses, produisent de la nourriture bien réelle et consistante, fabriquent des choses que dont les autres ont vraiment besoin. Et pourtant, quand ils veulent emprunter de l'argent, c'est ; « OK eh bien, nous pouvons nous arranger avec le FMI, mais pour cela il vous faudra fermer une dizaine d'hôpitaux et mettre vingt mille personnes de plus au chômage... Et permettre la vente de vos ports et aéroports à X, Y, Z, ou PLC Inc. lesquels sont, tiens donc, sous capitaux de pays en voie de développement ». Rien de tout cela n'est cohérent. C'est un défi pour l'esprit de comprendre comment le système réussit à se maintenir avec une telle nature illusoire ! La chose que j'ai vraiment commencé à comprendre, est celle-ci : la dernière fois, lorsque nous avons échangé[5], je regardais tout cela du point de vue théorique, en déclarant que le système et les théories qui le gouvernaient ne pouvaient qu'aller vers leur fin. La tension en son sein le plaçait à son point de rupture : ce qui allait se passer, c'est qu'il allait se casser, se briser en miettes, qu'il allait se dérober. Mais il ne s'est pas dérobé. Et cela pose des questions de fond : qu'est-ce qui va se passer ?

Joe

C'est intéressant, et très vrai, ce que vous dites quand vous parlez des pays qui créent de la valeur : de la nourriture consistante, des biens dont les gens ont réellement besoin. Et ces pays sont soumis à la pire espèce de traitement économique qui soit, à la plus dure. Alors que d'autres pays tels que, comme vous l'avez mentionné, Dubaï ou Singapour, les dépassent de la tête et des épaules en matière de société capitaliste. Ils nagent dans l'opulence. On peut en tirer un parallèle sur le plan individuel. Parce que dans les pays capitalistes occidentaux, et même les pays capitalistes de par le monde, les gens dépensent leur argent en choses dont ils n'ont pas besoin : en rien, en illusions. Comme, par exemple, cette personne à Dubaï propriétaire de sa propre entreprise, qui produit des présentations pour des entreprises qui ont à organiser de grands congrès pour leurs clients, des séminaires, ou des conventions annuelles... des présentations, comme des présentations Powerpoint®. Il ne travaille en fait que très peu : il appuie sur quelques touches du clavier de son ordinateur, déclenche des choses... et facture des montants très élevés relativement à ce dont une personne ordinaire a l'habitude. C'est juste un petit exemple. Il y a des gens au-dessus de lui qui ont des revenus encore plus élevés, mais qui comme lui ne livrent rien, réellement rien d'une quelconque valeur. Et ça enfle, ça enfle toujours davantage, alors qu'il y a des milliards de gens sur la planète qui n'ont rien, dans ces pays qui peuvent produire quelque chose - je pense à l'Afrique, à des gens qui sont essentiellement affamés - alors que les gens des pays capitalistes fournissent des services qui n'ont réellement de valeur pour personne. Comme vous l'avez dit, cela enfle au point où la bulle, cette bulle illusoire, va éclater...

John

Peut-être est-ce là dessus que nous devrions porter notre attention... La finalité de ce jeu, c'est peut-être la création de ces niveaux extraordinaires de distorsion, cette richesse extraordinaire dans les mains d'un tout petit nombre de personnes, et cette énorme pauvreté sur les épaules de la grande majorité des gens. Cela a été obtenu avec succès depuis un grand nombre d'années avec pour armes de choix principales le FMI et la Banque Mondiale. Toute organisation dont le but est de soulager la pauvreté, mais qui permet en même temps à ce pauvre Wolfowitz de siéger à son conseil, doit être machiavélique à l'extrême. Nous devons donc supposer, en examinant les rapports de la Banque Mondiale, que son plus grand succès a été l'augmentation de la pauvreté à l'échelle du globe. Peut-être que c'est ça. C'est un système extraordinairement dynamique, s'ils peuvent créer ce qu'ils veulent : et cela semble être cette énorme distorsion économique. Ils n'ont pas besoin de susciter un crash : ils ont simplement à tordre, à pousser... Cette distorsion dont nous parlions à propos des prix du logement et de la dette des gens : si vous avez surchargé les gens de dettes, et s'ils n'ont nulle part ailleurs où aller, vous êtes propriétaires de tout : vous êtes propriétaires de la maison, de la voiture, de tout ce qu'ils ont, ces gens qui n'ont pas été en mesure d'écouter les podcasts économiques de Signs-of-the-Times et de réfléchir aux réalités de ce monde, ou de lire le site Web et de réfléchir aux réalités de ce monde... Ils sont prisonniers. Et ils peuvent êtres baladés de ci de là, et leurs salaires baissés : ils n'ont aucune liberté économique, et l'illusion de leur liberté économique peut leur être enlevée très, très brutalement. Si cela peut être obtenu sans crise économique majeure, avec maintien du système, si j'étais le magicien derrière le rideau[6], je n'aurais pas besoin de théâtraliser : j'avancerais doucement, de manière détournée... Ça a été un vrai succès. Une des économies les plus saines de l'Amérique Latine il y a dix ans était l'économie de l'Argentine. Puis l'Argentine a vécu une crise, l'épargne a été dissoute, les classes moyennes éliminées et les classes laborieuses appauvries. Maintenant nous sommes dans une situation où la richesse de l'Argentine est la même qu'avant : c'est un pays riche - mais désormais aux mains d'un plus petit nombre de personnes. Une grande partie est aujourd'hui détenue par des organisations internationales. Et le FMI prétend encore que... il était très ennuyé. Il y a eu un commentaire très intéressant de la part de quelqu'un du FMI, à l'effet que l'Argentine s'est comportée de manière très responsable en payant toute sa dette au FMI, alors qu'elle ne pouvait pas réellement se le permettre. Selon moi, c'était une façon de dire « L'Argentine n'a pas joué le jeu ! Nous ne les avons pas pressurés suffisamment ». Ils comprenaient ce qui était en train de se passer. C'est intéressant, parce qu'une réunion du FMI va avoir lieu aux alentours du vingt septembre. C'est une organisation clairement contentieuse, qui a fait beaucoup de choses ces dernières années pour s'attirer beaucoup d'animosité. Si vous devez tenir une conférence du FMI, la meilleure place pour l'accueillir, de façon que vous soyez sûr qu'il n'y ait aucune opposition et que tout se passe bien, ce serait quelque part comme Singapour - et c'est exactement où elle va se tenir. Je me demande si elle est tenue à Singapour - qui est un lieu déjà choisi il y a quelques années - si ce n'est pas parce qu'il y a un besoin de sécurité, qu'il n'y ait pas de manifestations, que les journaux ne couvrent que les faits et gestes du FMI même s'il y a des pneus qui brûlent sur la chaussée, et que la police anti-émeutes est dans la rue. A Singapour, il y aura des orchidées, de sympathiques excursions dans les régions alentour. Le climat y est superbe, la nourriture excellente. C'est un pays très paisible. Il n'y aura pas de manifestations - pas parce que personne n'ait d'objections à l'encontre du FMI, mais parce qu'elles y sont illégales. C'est un endroit bien choisi. Il n'y aura ainsi rien à cacher. Il n'y aura pas de débat, pas de prise de conscience de la part du public de la nature de cette organisation, de ce qu'elle fait, de comment elle contribue à l'équilibre du pouvoir économique.

Peut-être est-ce cela qui va se passer : les gens ont été repus de mensonges par CNN et la BBC, et je ne parlerai même pas des autres chaînes qui ont gavé les gens de grand n'importe quoi. C'est peut-être ça, c'est peut-être tout ce qu'il y a : cette illusion à maintenir. Il n'y pas besoin d'un crash. Il n'y a qu'à distordre et à pousser. Et si vous dites aux gens que l'inflation est de deux et demi pour cent alors qu'ils savent bien qu'ils achètent dix à vingt pour cent de moins avec leur salaire... « Ah bon, l'inflation n'a été que de deux et demi pour cent ? Alors ça doit être moi : peut-être que je suis trop sorti, ou autre chose... » - quoiqu'ils se disent pour se calmer... Peut-être que ce sera tout, qu'il n'y aura pas de crash drastique - mais que cela laissera les salariés dans la même situation que s'il y en avait eu un. Si le dollar américain atteint sa valeur réelle, il ne vaudra plus rien - si ce n'est de la roupie de sansonnet ! Vous ne serez alors plus en mesure de rien faire, de rien acheter. Vous serez complètement possédé par les Etats-Unis - qui, au passage, est un pays qui ne produit pas suffisamment de nourriture pour couvrir ses propres besoins. Peut-être est-ce le chemin que les choses vont prendre... Je ne sais pas.

Joe

Tout cela passe au dessus de la tête de l'homme de la rue, je veux dire : le FMI, l'économie globale, les gens qui tirent les ficelles... Et de toute évidence personne parmi nous ni personne qui nous écoute de par le monde ne peut rien y faire. Les gens ne peuvent rien y changer. Ils ne peuvent pas se plaindre, en particulier à Singapour, ou en Amérique en ce moment...

John

...Ou en Grande-Bretagne...

Joe

...Ou en Grande-Bretagne...

John

... à moins d'un kilomètre de Tony Blair...

Joe

... Oui, dans un nombre toujours plus grand d'endroits. L'année dernière, vous avez donnés quelques conseils sur ce que les gens pourraient faire... Nous avons à prendre en compte ce que nous avons dit, c'est à dire que nous devons essentiellement nous faire à l'idée que nous sommes refaits[7]. Nous avons été eus, et nous nous ferons encore davantage avoir. Et... ce seul fait doit nous amener à « faire » quelque chose, mais ce « faire » sera d'ordre personnel. Est-ce qu'il y a quelque chose que les gens peuvent vraiment faire, ou alors doivent-ils se satisfaire de dire « Voyez ! Nous sommes complètement manipulés financièrement, nous nous sommes fait avoir financièrement de toutes les façons possibles... Voilà. »

Henry

Vous avez parlé des gens qui auraient des maisons, et des dettes : ils peuvent vendre leurs maisons et rembourser leur dettes. Mais il y a beaucoup de gens qui n'ont pas de maisons, n'ont pas de fonds de placement, qui n'ont pas d'or ni les fonds pour acheter de l'or.

John

Que faire ? Si vous êtes une personne « ordinaire », vous louez simplement une propriété, vous gagnez un salaire, peut-être avez-vous une voiture... Vous n'avez pas tous ces biens de rêve... Je pense que vous avez à réfléchir à ce que vous faites, et à votre niveau de flexibilité. Je pense que ce que vous avez à faire de mieux, et en premier, est de discerner qui sont vos vrais amis, et quelle est votre vraie famille - si vous voyez ce que je veux dire. Et commencez à travailler ensemble. Ce n'est que par le travail collectif - travailler ensemble. Dans les sociétés occidentales, nous avons étés tellement conditionnés à vivre séparés, à être indépendants ! L'indépendance est, à bien des égards, notre principal mot d'ordre. Quand vous avez dix huit ans, à votre dix huitième anniversaire, vos parents vous donnent deux choses : ils vous donnent, comme dirait Bruce Springsteen, une « dot de mariage », et puis ils vous poussent hors de la maison ! « Merveilleux ! Maintenant tu es un homme, ou une grande fille, alors va : débrouille-toi dans le monde ! » Comme je l'ai dit, je vis en Asie, et les Asiatiques ont un autre point de vue : vous restez à la maison. S'il y a une entreprise familiale, vous travaillez dans l'entreprise familiale. Vous essayez de faire croître les choses collectivement. Cela peut vouloir dire vivre avec votre belle-mère, ou votre grand-mère... mais ils s'y font. C'est une chose à laquelle en Occident nous avons à réfléchir. Nous n'avons réellement de pouvoir que quand nous agissons collectivement. Si vous louez une propriété, et que vous avez un ou deux enfants qui ont un travail, ou un frère, ou une sœur : voyez si vous pouvez travailler ensemble, ou avec des amis. Voyez ce que vous pouvez faire. Peut-être le prix d'un endroit plus grand où vivre ensemble sera-t-il moins élevé que la somme de tous les loyers des endroits où vous vivez séparément. Si vous avez, à vous tous, trois voitures, peut-être pourrez-vous vous contenter de deux. Si vous pouvez trouver le moyen de travailler ensemble... C'est vraiment la chose la plus simple, et elle est extraordinaire : travailler ensemble ! Réfléchissez à ce dont vous avez besoin, et où se trouvent les souplesses. Si vous pensez que votre emploi court un risque, réfléchissez à ce que vous pouvez faire maintenant :« Que puis-je faire ? ». Vous parlez anglais ? N'oubliez pas qu'il y a des gens pour qui le fait que vous parliez anglais peut apporter de la valeur ! Il y a des pays qui vous emploieront ! Réfléchissez à ce que vous pouvez faire en dehors de votre pays. Ou hors de votre Etat. Ou hors de votre ville. Pensez au grand monde ! Réfléchissez à ce que vous pouvez faire ensemble en tant que famille, ou que groupe d'amis : quelque chose que vous pourriez faire et auquel les gens accorderaient de la valeur, et pour plus que cinq dollars cinquante de l'heure !

Joe

Pensez-vous qu'il soit profitable pour les gens d'imaginer un scénario du pire : par exemple, que leur maison soit récupérée par leur banque, qu'ils perdent leur emploi et n'aient plus qu'un revenu minimal... Que devraient-ils faire ? Se mettre dans cette situation et se poser la question : « Que devrais-je faire ? Où devrais-je aller ? ». Et si la nourriture devenait rationnée, s'il y a moins de supermarchés : que feriez-vous ?

John

La difficulté est qu'une telle situation pousse naturellement... comme je l'ai dit la dernière fois, je ne me déplace pas souvent dans les sous-bois américains pour y rencontrer ceux qui portent des M16, gardent des stocks de riz et des livres sur le Viet-Nam... Il faut être concret. Regardez ce qui s'est passé avec Katrina, ce que le gouvernement des Etats-Unis a fait : il n'a en fait rien fait pour soutenir les gens les plus vulnérables. Il s'en sont pris à eux et les ont criminalisés dans leur désir de survivre. Ils les ont parqué dans un stade - et les histoires à ce propos sont plutôt horribles. Ils ont placé des patrouilles armées dans les rues... ils n'ont rien fait. Maintenant l'attention des média est autre part, et vous pourriez penser que le gouvernement le plus puissant au monde, un gouvernement capable de dépenser plus de trois milliards de dollars pour assassiner quelques centaines de milliers d'Irakiens et dérober la richesse pétrolière du pays, aurait pu en dépenser quelques milliards de dollars pour aider son propre peuple. Il est on ne peut plus clair qu'ils ne vous portent aucun intérêt en quelque façon que ce soit. La réponse à la question est donc une autre question, à savoir : à quoi ressemble votre voisinage ? Où sont vos amis ? Vous ne réussirez à survivre aux pires situations que si vous travaillez ensemble. Fuir ne sera pas une solution pour tout le monde. Cependant, prenez en compte d'où vous venez. Beaucoup, aux Etats-Unis, sont très fiers de leurs origines d'immigrés. Si vous êtes originaires d'un pays qui peut-être vous permettra d'avoir un passeport parce que vous grands-parents y sont nés... Peut-être un passeport irlandais sera-t-il un chose très utile à posséder, ou un passeport italien, ou grec, ou un passeport d'où que vos parents sont originaires... Ou peut-être simplement un passeport américain. Vous savez, les Américains sont encore autorisés à voyager. Vous pourrez alors quitter le pays librement. Je ne vous conseille pas d'emporter un exemplaire du Coran ou de porter quoique ce soit sur votre tête... mais vous pouvez encore voyager librement. Si vous ne pouvez pas voyager, si l'idée de quitter les Etats-Unis est plus que vous ne sauriez accepter, si vous estimez avoir trop de responsabilités, envisagez de vous placer dans une situation complètement non occidentale : commencez à vivre avec les gens qui sont autour de vous, à regardez qui est autour de vous, à vous demander qui sont vos voisins. Qu'est-ce que j'ai en commun avec ces gens ? Que pourrais-je faire avec eux ? Parce que...

Joe

Des gens à qui vous pouvez faire confiance...

John

Des gens à qui vous pouvez faire confiance, qui n'entreront pas dans votre maison pour vous descendre afin de prendre possession de ce que vous avez, mais qui s'associeront avec vous pour protéger ce que vous avez. Ce n'est pas une manière de fuir. Ces évènements, comme je le dis, cette situation de stress économique est à l'origine d'une fracture sociale. La dernière fois, j'ai fait un commentaire sur Kissinger et ce qu'il a dit en 1992 au groupe de Bilderberg, à savoir que si vous placez des soldats dans les rues de Los Angeles aujourd'hui, les gens de Los Angeles se mettraient en rébellion ouverte, mais que si vous créiez une situation appropriée, alors ils vous demanderaient de les y placer. Imaginez vous cette situation : des soldats américains dans la rue. Ils sont en noir, ils portent des masques à gaz, ils ressemblent à des commandos... Ces gens qui sont glorifiés dans les films s'en prendront à vous en cas de crise économique. Si vous êtes trop affamés, trop désespérés, et que vous décidez de prendre les choses en mains, ils seront là pour vous stopper. Ce n'est donc pas une option, vous ne devez pas être stoppés. Donc réfléchissez à ce que vous pouvez faire. Travaillez ensemble. C'est un vrai anathème pour la plupart d'entre nous, mais commencez à discerner ce que vous avez en commun avec les gens plutôt que de les voir simplement comme une menace. Cela peut sembler philosophique, mais franchement, si telle est votre situation, nous sommes les uns pour les autres notre seul espoir !

Et puis une dernière chose. Si vous sortez beaucoup, si vous allez en boîte, si vous jouez au golf ou au billard, réfléchissez à la valeur que représente le fait d'être bien informé. Prenez le montant en argent d'une de ces sorties, peut être cinquante ou cent dollars par semaine - quelque montant que vous dépensiez, peut-être cinquante ou cent dollars par mois - et songez à en faire don à Signs-of-the-Times.org. Parce que des sources telles que Signs-of-the-Times, et là je suis sérieux, des sources comme Signs-of-the-Times vous permettront de connaître la situation mondiale. J'ai rendu visite à ces gens, et je peux vous dire qu'ils ne vivent pas de grand chose, mais ce qu'ils font, cette capacité qu'ils ont de vous dire ce qui se passe dans le monde, est extrêmement importante. Et ils ne pourront pas continuer à le faire, ni avoir davantage d'audience, sans argent. Et franchement, cet argent que vous dépensez pour une sortie nocturne, ne serait-il pas mieux de le dépenser pour continuer à lire le site Web, continuer à écouter des podcasts, continuer à recevoir davantage de services de la part de personnes qui se sentent réellement concernées, qui se soucient de ce qui se passe dans le monde et qui vous concerne, et se soucient de ce qui vous arrive, et de ce qui arrive à cette planète ? - plutôt que de le dépenser en sorties et de vous saouler pour oublier l'horreur d'avoir à aller travailler chaque jour, et de votre gouvernement meurtrier et génocide, qui soutient des politiques de par le monde complètement étrangères au bien être de la plupart des gens qui peuplent cette planète.

Henry

Et sur cette note, ce billet[8] peut-être, nous vous disons au revoir pour cette semaine. Nous aimerions remercier John d'avoir été avec nous à nouveau. Nous espérons l'avoir encore, afin de continuer cette discussion plus tard...

Joe

... après la crise économique, ou alors à nouveau avant la crise économique...

Henry

Serons-nous pré - « tribulationistes » ou post « tribulationistes »...

Scott

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[1] The « Powers That Be » est une expression consacrée devenue un trigramme sur le site de Signs-of-the-Times : PTB. Elle désigne tout autant les gens au pouvoir que le « système de contrôle » multi millénaire auquel ils sont reliés d'une manière ou d'une autre. Le terme de « pouvoir en place » me semble traduire correctement cette ambivalence du terme. (NdT)

[2] « the economic bus » est une comparaison faite par John dans le podcast numéro 18.

[3] Salaire annuel (NdT)

[4] Aux Etats-Unis, les cartes de crédit sont de « vraies » cartes de crédit, c'est à dire qu'elles donnent accès à des prêts remboursables avec intérêt. Ce ne sont pas des cartes « à débit différé » (NdT)

[5] Podcast n°18

[6] Référence au magicien d'Oz

[7] « screwed » pourrait être littéralement traduit par « baisés » (NdT)

[8] Jeu de mots basé sur le fait qu'en anglais « billet de banque » se dit « banknote ».





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